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Vincent Lemire, historien : « Dans le conflit israélo-palestinien, Jérusalem n’est pas le verrou, elle peut devenir la clé »

L’historien Vincent Lemire, professeur à l’université Gustave-Eiffel, en Seine-et-Marne, publie, avec l’ancien diplomate européen Bernard Philippe, Jérusalem, l’histoire n’est jamais écrite (Albin Michel, 288 pages, 22,90 euros), une longue analyse du conflit israélo-palestinien à travers le destin de la « ville trois fois sainte ».

La paix n’a jamais semblé si lointaine au Moyen-Orient. Vous publiez pourtant un livre surprenant, qui propose de partir de Jérusalem, lieu de toutes les tensions, pour tenter de résoudre ces conflits accumulés. Pourquoi ?

Ce livre est une contre-offensive intellectuelle, car on a un besoin urgent d’utopie politique. Publié au milieu du chaos, il cherche à déverrouiller l’horizon. On est tous assommés, on doit lever le nez pour continuer de réfléchir et d’espérer, car le désespoir est une arme redoutable, manipulée par les va-t-en-guerre. Pourquoi, alors, se concentrer sur Jérusalem ? Parce que c’est l’œil du cyclone, qui véhicule plusieurs idées reçues contre lesquelles je me bats depuis trente ans.

La première : Jérusalem serait le problème le plus difficile à résoudre, celui qu’on réglera plus tard, quand tout le reste sera traité, ce qui a été une des erreurs majeures du processus d’Oslo. Nous soutenons exactement l’inverse : Jérusalem n’est pas le verrou, elle peut devenir la clé. A condition d’abandonner une autre idée reçue, selon laquelle son seul avenir possible serait la partition. Au contraire, nous défendons l’idée qu’elle peut être la ville d’un partage sans découpage, et servir ainsi de laboratoire pour l’ensemble du territoire israélo-palestinien.

Lire aussi (en 2024): Article réservé à nos abonnés Conflit israélo-palestinien : de l’espoir d’Oslo aux réalités d’Hébron

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Source:

www.lemonde.fr