Annonce publicitairespot_img
AccueilAnalyses & EnquêtesOpinionL’Italie absente de la Coupe du monde 2026, sa troisième d’affilée, conséquence d’un...

L’Italie absente de la Coupe du monde 2026, sa troisième d’affilée, conséquence d’un football ankylosé de longue date

C’est un document de 900 pages de novembre 2011, resté dans les limbes de la Fédération italienne de football (FIGC), qui annonçait le désastre à venir, faute de changements d’ampleur. Ce rapport rendu par Roberto Baggio, ex-star de la Nazionale, a resurgi dans les jours qui ont suivi la défaite de l’Italie contre la Bosnie-Herzégovine, le 31 mars, privant la sélection de la Coupe du monde 2026. Comme pour insister sur le fait que les dirigeants du ballon rond savaient, sans pour autant agir, afin d’enrayer cette douloureuse fuite en avant.

Comme en 2018 et en 2022, l’Italie sera la grande absente du tournoi planétaire en 2026. Jusque-là, jamais une équipe championne du monde par le passé n’avait raté trois éditions d’affilée de la compétition. Une catastrophe dans un pays où le football est une religion, mais dont le cœur sportif bat désormais au rythme des performances de Jannik Sinner en tennis, Kimi Antonelli en formule 1 ou des joueurs de la sélection de rugby.

Ce déclassement, M. Baggio l’avait anticipé et préconisait un changement de cap, une révolution à la manière de celle menée par le football allemand au début des années 2000. L’ancien meneur de jeu, directeur technique de la Squadra Azzurra à partir de 2010, souhaitait refonder la formation des entraîneurs et des joueurs, repenser l’utilisation des talents italiens dans le championnat local et l’approche du jeu. Il avait finalement démissionné, en 2013, déplorant de ne pas avoir pu « exercer le rôle qui [lui] avait été confié ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Désillusion en Italie, qui, une fois encore, ne participera pas à la Coupe du monde : « Le drame est que ce n’est plus un drame, mais une habitude »

Treize ans plus tard, la fédération a enregistré d’autres départs, conséquences lointaines du manque de clairvoyance de l’époque. Gennaro Gattuso et Gianluigi Buffon, respectivement entraîneur et coordinateur de la sélection, ont quitté leurs fonctions. Tout comme Gabriele Gravina, président de la FIGC depuis 2017. Andrea Abodi, le ministre des sports italien, qui réclamait qu’après « cet échec cuisant (…), les dirigeants [devaient] assumer leurs responsabilités », a été entendu.

Il vous reste 66.31% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source:

www.lemonde.fr