Patrick Bruel, qui fait l’objet de plusieurs enquêtes judiciaires à la suite d’accusations de violences sexuelles, pourra-t-il assurer ses concerts programmés cet été ? Le collectif féministe Nous toutes a demandé l’annulation d’un spectacle du chanteur prévu le 24 juillet dans le cadre du festival Grandes Marées de Jullouville, dans la Manche.
Patrick Bruel « est accusé par de nombreuses femmes de violences sexuelles. Plusieurs plaintes ont été déposées. Les témoignages s’accumulent et se rejoignent », argumente le collectif dans un communiqué. « Penser aux victimes, ce n’est pas de la censure. C’est de la décence. »
Le collectif a expliqué lundi à l’Agence France-Presse (AFP) que c’était « l’absence de réponse » de la direction du festival après de premiers échanges « constructifs » qui l’avait poussé à publier ce texte. L’association féministe a menacé d’organiser « si nécessaire, une mobilisation plus visible en amont du concert », tout en espérant « ne pas devoir en arriver là ».
Joint par l’AFP, le directeur du festival Grandes Marées, Pierre Betton, a affirmé avoir besoin de temps. « On n’annule pas un artiste comme ça sans son consentement, il y a un contrat » et Patrick Bruel « n’a pas été jugé », a-t-il dit.
« Méthodes trop frontales »
Une telle annulation signifierait « une journée en moins, peut-être même la faillite du festival », s’est inquiété M. Betton. Il a regretté les « méthodes du collectif », selon lui « trop frontales », tout en assurant « partager la cause » de la lutte contre les violences sexuelles.
Patrick Bruel, qui aura 67 ans en mai, fait l’objet d’investigations pour deux plaintes en France. L’une est instruite à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) pour viol en marge d’un festival de cinéma en octobre 2012. L’autre a été déposée en mars à Paris pour tentative de viol et agression sexuelle. Ces derniers faits dénoncés par une responsable de la promotion des films français à l’étranger remonteraient à 1997, au Mexique.
Une enquête judiciaire a par ailleurs été ouverte en Belgique après une plainte enregistrée fin mars pour une agression sexuelle présumée à Bruxelles.
Le 18 mars, Patrick Bruel avait assuré à l’AFP, par la voix de son avocat Christophe Ingrain, n’avoir « jamais cherché à contraindre quiconque à un acte sexuel ». Le chanteur « affirme n’avoir jamais outrepassé un refus, jamais forcé à un geste ou un rapport sexuel ».
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