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La Mauritanie mène une vague de démolitions en périphérie de Nouakchott

Depuis le début de la semaine, les bulldozers du ministère mauritanien de l’Habitat détruisent des maisons dans les quartiers périphériques de la capitale. Les autorités veulent arrêter les constructions sans autorisation et remettre de l’ordre dans la ville, mais pour les habitants, c’est une catastrophe : beaucoup voient leur seule maison s’écrouler en quelques minutes et se retrouvent sans abri.

Publié le : 25/04/2026 – 11:56


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Avec notre correspondant à Nouakchott, Oumar Elhadj Thiam

Dans un quartier à la sortie de Nouakchott, beaucoup de familles ont construit sans détenir de titres officiels : désormais, il ne reste que des rangées de murs abattus et des toits posés à même le sol.

Moustapha a vu sa maison être démolie en quelques minutes. Le choc est immense : « Quand ils ont commencé à démolir ma maison, je suis allé à la mairie. On m’a donné un permis de construire. Et pourtant, deux ou trois jours après, ils sont revenus pour tout casser. Moi j’étais occupé avec mon bétail. Je voulais leur construire quelque chose pour qu’ils puissent s’y abriter. Toutes ces démolitions me surprennent beaucoup. »

Pour le ministre de l’Habitat Mamoudou Mamadou Niang, les règles doivent être respectées. Il explique que ceux qui sont visés aujourd’hui sont ceux qui ont ignoré les avertissements lancés il y a deux ans : « Par rapport à ces démolitions, en 2024, l’État a demandé à ceux qui habitaient dans ces zones de fournir des documents. Ils n’ont pas pu le faire. On dit « ok, on va vous régulariser ». Donc tout ce qu’on est en train de démolir aujourd’hui, c’est des gens qui ont construit au-delà de 2024. »

Papis Camara, président de l’ONG Santé Globale, déplore le manque d’humanité dans ces démolitions : « L’État a bien sûr le droit de déguerpir ou de démolir des zones publiques occupées sans titre. Mais ces opérations doivent être encadrées de manière humaine et équitable. À défaut, elles peuvent constituer une violation des droits et une atteinte à la dignité des personnes, même si l’État agit dans son droit. »

Le gouvernement assure que les anciens occupants recensés seront régularisés.

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Source:

www.rfi.fr