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Hantavirus: le navire fait route vers les Canaries, «plus aucune personne n'a de symptômes à bord»

Trois personnes, évacuées d’un bateau de croisière frappé par un rare foyer d’hantavirus ayant tué trois passagers, ont été rapatriées en Europe pour une prise en charge sanitaire. Les autres restent confinés à bord où « plus personne » n’a de symptômes selon le croisiériste, en attendant de pouvoir débarquer aux Canaries où le bateau est attendu samedi.

Publié le : 07/05/2026 – 13:47Modifié le : 07/05/2026 – 13:52


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Dans l’Atlantique, le navire MV Hondius est en route entre le Cap-Vert et Tenerife, dans l’archipel espagnol des Canaries, où il doit arriver ce weekend avant une évacuation des passagers prévue en début de semaine prochaine. « Plus aucune personne n’a de symptômes à bord », a annoncé jeudi à la mi-journée le croisiériste Oceanwide Expeditions dans un communiqué.

Les autorités sanitaires cherchent toujours à comprendre l’origine du foyer et identifier de possibles cas contact. Il n’existe ni vaccin, ni traitement spécifique contre ce virus qui peut être contracté au contact de rongeurs et dont la souche des Andes, retrouvée sur des passagers infectés, est la seule à être connue pour des cas de transmission interhumaine. L’hantavirus est endémique dans certaines régions d’Argentine, andines notamment, avec au moins une soixantaine de cas par an ces dernières années.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la première contamination a eu lieu avant le début de l’expédition, le 1er avril, car le premier passager décédé, un Néerlandais de 70 ans, a présenté des symptômes dès le 6 avril. Or « la période d’incubation – qui est le moment entre l’infection et le début des symptômes – est d’entre une et six semaines » mais, généralement, « plutôt autour de deux-trois semaines », a expliqué à l’AFP Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l’OMS.

Trois passagers décédés

Les trois passagers décédés depuis le début de la croisière, qui reliait Ushuaïa en Argentine au Cap-Vert, sont un septuagénaire néerlandais, son épouse et une Allemande. Selon l’itinéraire reconstitué par les autorités argentines, le couple de Néerlandais décédés était en Amérique du Sud depuis fin novembre, et a voyagé plusieurs mois entre Argentine, Chili, Uruguay et de nouveau Argentine fin mars, avant d’embarquer sur le navire à Ushuaïa le 1er avril.

Un homme est hospitalisé à Johannesburg, un autre à Zurich (Suisse) et trois personnes ont été évacuées du bateau via le Cap-Vert mercredi : deux sont arrivées mercredi soir à Amsterdam et l’une prise en charge au centre médical universitaire de Leyde (LUMC), aux Pays-Bas, l’autre, cas contact asymptomatique, à l’hôpital de Düsseldorf (Allemagne). Jeudi matin, l’avion transportant le troisième évacué s’est posé à Amsterdam sans que l’on sache dans l’immédiat où il serait examiné.

Une hôtesse de l’air de la compagnie néerlandaise KLM est par ailleurs en cours de dépistage jeudi après avoir présenté de légers symptômes, selon le ministère néerlandais de la Santé. Selon le média RTL nieuws, cette femme, hospitalisée à Amsterdam, a été en contact avec la passagère néerlandaise décédée. La compagnie aérienne KLM avait signalé mercredi qu’une personne décédée après avoir voyagé à bord du MV Hondius était montée « brièvement » à bord d’un de ses avions reliant Johannesburg à Amsterdam, mais débarquée avant le décollage.

Cinq Français comptent par ailleurs parmi les passagers à bord du MV Hondius. « Ils sont ​toujours sur place et ont été contactés par les médecins du ministère des Affaires étrangères », a dit Jean-Noël Barrot sur la radio RTL. « Ils se portent bien », a précisé le ministre. Par ailleurs, un citoyen français a été en contact avec une personne tombée malade mais ne présente actuellement aucun symptôme. Selon la presse, il s’agirait de l’un des passagers d’un vol emprunté par l’un des cas avant son hospitalisation.

Inquiétude à Sainte-Hélène et aux Canaries  

Des inquiétudes montent aussi sur l’île de Sainte-Hélène, dans l’océan Atlantique. Le gouvernement néerlandais a indiqué qu’environ 40 passagers avaient débarqué sur l’île, où le navire a fait escale ​sur sa route vers ‌le Cap-Vert, avant que l’épidémie ne soit signalée. La localisation de bon nombre de ces passagers reste pour l’heure inconnue, rapporte l’agence Reuters.

Le MV Hondius est attendu samedi ce weekend à Granadilla, sur l’île de Tenerife, malgré l’opposition des autorités locales. « Tous les passagers resteront à bord du navire de croisière jusqu’à l’arrivée » des avions chargés de les rapatrier, a indiqué le ministère espagnol de l’Intérieur.

A Tenerife, devant le principal hôpital de la ville, le sujet occupe tous les esprits: écoutez le reportage de notre correspondant

Nicolas Kirilowits

« Un dispositif conjoint d’évaluation sanitaire et d’évacuation sera mis en place pour rapatrier tous les passagers, à moins que leur état de santé ne l’empêche », a souligné la ministre espagnole de la Santé, Mónica García Gómez.

Le 7 mai 2026: le port de Granadilla sur l’île de Tenerife aux Canaries, où doit acoster le bateau de croisière MV Hondius ce week-end. REUTERS – LEONARDO BENASSATTO

Les pays de l’UE doivent prendre en charge leurs ressortissants, éventuellement aidés par la Commission européenne, tandis que l’évacuation des passagers extra-européens est toujours en préparation.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué à l’AFP qu’il « ne pens(ait) pas » que la situation soit similaire à celle du début de la pandémie de Covid-19. « Pour l’instant, le risque pour le reste du monde est faible », selon lui.

Le risque sanitaire pour les Européens est « faible », souligne aussi ce jeudi de Bruxelles une porte-parole de la Commission européenne.

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Source:

www.rfi.fr