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La Chine interdit Meta d'acquérir l’entreprise chinoise d’IA Manus

Meta se prépare à renoncer à l’acquisition de la start-up d’IA Manus, a rapporté le Wall Street Journal lundi 27 avril, après que la Chine a interdit l’opération en invoquant des préoccupations de sécurité nationale. Pékin a expliqué cette décision par son mécanisme de contrôle des investissements sortants, une décision rare dans le secteur du logiciel et qui intervient sur fond de rivalité technologique de plus en plus frontale avec les États-Unis.

Publié le : 28/04/2026 – 18:00


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Meta, la maison mère de Facebook, avait annoncé en décembre avoir conclu un accord pour racheter Manus, un agent d’intelligence artificielle créé par une société fondée en Chine mais désormais basée à Singapour. Celui devait permettre « d’apporter un agent de premier plan à des milliards de personnes et de débloquer des opportunités pour les entreprises sur l’ensemble de nos produits », selon l’entreprise américaine.

Mais le principal organe de planification économique de la Chine, la Commission nationale du développement et de la réforme, a déclaré ce 27 avril dans un communiqué qu’elle allait « interdire l’investissement étranger dans l’acquisition du projet Manus » et « exiger des parties concernées qu’elles se retirent de l’acquisition ». Le communiqué ne mentionnait pas Meta nommément mais le groupe avait indiqué lundi à l’AFP que « la transaction respectait pleinement la législation applicable », précisant qu’elle anticipait « une issue appropriée à cette enquête ».

Des analystes avaient en revanche averti que l’accord risquait de se heurter aux régulateurs, à un moment de rivalité technologique féroce entre Washington et Pékin. En mars, le Financial Times affirmait que Pékin avait interdit aux deux cofondateurs de la start-up de quitter la Chine. Le Wall Street Journal, citant des sources proches du dossier, a indiqué que ce revirement était compliqué par le fait que les investisseurs de Manus avaient déjà perçu des retours liés à l’opération.

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Un contrôle de l’IA de plus en plus stratégique

Au-delà de ce dossier, c’est toute la question du contrôle des technologies stratégiques qui se joue. « L’IA est désormais un secteur tellement stratégique que les deux grandes puissances, la Chine et les États-Unis, vont surveiller de manière plus stricte les entreprises de ce type sur leur marché national », explique à RFI Wang Zichen, secrétaire général du Centre pour la Chine et la mondialisation, une ONG qui travaille sur les questions de politiques publiques.

Dans ce cas précis, la réaction de Pékin s’explique aussi par la trajectoire même de la start-up. « On ne souligne généralement pas assez le fait que l’entreprise a tout simplement supprimé son interface en chinois et cessé de fournir ses services à ses clients de Chine continentale. C’était vraiment embarrassant pour la Chine, en tant que grande puissance, de voir des informaticiens et des entrepreneurs qu’elle avait formés quitter soudainement le pays pour Singapour, avec pour objectif final le marché américain et le marché mondial », poursuit-il.

Manus, créé par la start-up Butterfly Effect, indique sur son site internet qu’il peut tout faire – de l’analyse du marché boursier à la création d’un guide de voyage personnalisé – à partir de simples instructions données par l’utilisateur. Ce précédent pourrait en tout cas peser sur les choix des startups – où s’implanter, où développer leurs équipes et à quel marché s’adresser – dans un secteur de plus en plus stratégique et politisé.


Source:

www.rfi.fr