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Jean-Pierre Cabestan, sinologue : « On reste encore loin d’une résolution de la “question taïwanaise” »

Cheng Li-wun, la nouvelle présidente du Kouomintang (KMT) [le principal parti d’opposition taïwanais], achève une visite très médiatisée en Chine. Après une étape obligée à Nankin, où elle s’est inclinée devant la sépulture du père de la République de Chine, Sun Yat-sen, elle a rencontré Xi Jinping, en sa qualité de secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC).

Cette visite, la première en dix ans, a permis une relance des relations entre les deux partis sur la base du « consensus de 1992 », un compromis trouvé cette année-là autour du principe de la « Chine unique » et d’une opposition commune à l’indépendance de Taiwan – compromis que rejettent le président taïwanais, Lai Ching-te, et sa formation, le Parti démocrate progressiste (PDP). Cheng Li-wun et le président chinois ont promu « le développement pacifique des relations entre les deux rives du détroit », et Xi a affirmé que son objectif final restait l’unification. Pour autant, il n’est pas certain que cette rencontre rapproche la Chine et Taiwan de ce but.

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Pourtant, les médias sociaux chinois ont surnommé la présidente du KMT la « déesse de l’unification ». Se déclarant « chinoise » depuis son entrée en fonctions, elle est allée bien plus loin que ses prédécesseurs, y compris l’ancien président taïwanais Ma Ying-jeou, pour flatter le nationalisme chinois du PCC. Elle s’en est prise à l’impérialisme occidental et japonais, accusés d’être responsables de la division de la Chine, et a accrédité le discours ethnique cher au nationalisme chinois. Caressant les autorités communistes dans le sens du poil, elle a placé le bien-être du peuple (minsheng) au-dessus des deux autres principes de Sun Yat-sen, le nationalisme et la démocratie, et a promu Shanghaï en exemple, n’hésitant pas à faire sien le projet de Xi de « grande renaissance de la nation chinoise ».

Divisions au Kouomintang

Plus encore, elle a exprimé sa volonté de préserver les relations entre les deux rives des « ingérences extérieures » – soit celles des Etats-Unis – et a repris l’idée répétée ad nauseam par Pékin qui veut qu’en mettant de côté les différences politiques entre la Chine et Taiwan, les deux rives du détroit pourraient non seulement établir des relations « gagnant-gagnant » et « une communauté pour un avenir commun », mais aussi contribuer à bâtir « une communauté de destin pour l’humanité ». Rien que ça.

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Source:

www.lemonde.fr