A l’aide d’un long câble attachant plusieurs pirogues entre elles, des habitants de Camopi, à la frontière brésilienne, ont édifié, samedi 25 avril, un barrage sur le fleuve Oyapock pour bloquer le passage des puissantes embarcations transportant carburant et marchandises, destinés à alimenter les chantiers aurifères clandestins.
Comme en 2007, où un filet avait été dressé entre les deux rives du bourg, les autorités ont rapidement démantelé le barrage pour des motifs d’ordre public. Mais la tension restait vive dans cet avant-poste de la République en Amazonie française, où les habitants sont excédés par la présence quotidienne des chercheurs d’or clandestins, affectant leur mode de vie.
« Les zones de chasse sont occupées par les orpailleurs illégaux, les zones de pêche aussi, nous ne savons plus où aller », souligne, avec désarroi, Laurent Yawalou, le maire (parti Walwari, divers gauche) de cette commune amérindienne de 2 500 habitants. La présence des garimpeiros, un terme brésilien désignant les orpailleurs illégaux, génère également un climat d’insécurité. « Ils nous volent nos pirogues, nos moteurs, et agissent en pleine journée, en toute impunité », déplore Siméon Monnerville, chef coutumier teko de Camopi.
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Source:
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