Au salon de coiffure afro et d’esthétique Sabadou & Jade, situé au 65, boulevard de Strasbourg, dans le 10e arrondissement de Paris, cela fait plus d’un mois que les treize employés, neuf femmes et quatre hommes, tous étrangers, dont plusieurs sans titres de séjour, occupent sans discontinuer leur lieu de travail. Ils témoignent d’une situation qui dure depuis des mois, des années pour certains : salaires de misère, chantage et menaces. Des conditions révélatrices de la précarité dans laquelle sont maintenus les travailleurs sans-papiers.
« On demande à être payés pour notre travail, explique Bintu Porogo, coiffeuse au salon et originaire de Côte d’Ivoire. C’est-à-dire à recevoir les salaires que le patron ne nous verse plus depuis six mois. » Le travail fourni, ce sont « des journées qui commencent à 8 heures le matin, et qui pouvaient finir à 23 heures, six jours par semaine », raconte Irene Agharese, coiffeuse dans cet institut depuis 2021 et originaire du Nigeria. Depuis décembre 2024, un arrêté préfectoral, reconduit jusqu’au 31 mai, impose un couvre-feu à 20 heures à la plupart des commerces du quartier parisien Strasbourg-Château d’eau, dont les salons de coiffure. Les deux employées assurent toutefois avoir continué à travailler jusqu’à soixante heures par semaine pour un salaire d’environ 1 200 euros par mois, ponctionné de 250 euros de « frais de dossier » que Cristian Sidibé, le gérant, exigeait selon elles pour remettre les bulletins de paie.
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Source:
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