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« La communauté internationale est-elle prête à utiliser les institutions qui existent encore, avant d’entériner la victoire définitive de la force sur le droit ? »

L’aggravation du conflit entre les Etats-Unis et l’Iran montre une nouvelle fois à quelle vitesse le système international bascule vers une logique de force. Sur fond de guerre toujours en cours menée par la Russie contre l’Ukraine, cette nouvelle crise au Moyen-Orient pose une question qui dépasse largement le cadre régional : existe-t-il encore des mécanismes capables d’empêcher une escalade avant qu’elle ne se transforme en catastrophe internationale majeure ?

La réponse, aussi paradoxale que cela puisse paraître, renvoie toujours à l’Organisation des Nations unies (ONU), une institution dont l’efficacité est aujourd’hui largement mise en doute. Ce scepticisme est compréhensible. La guerre contre l’Ukraine a exposé les limites de l’ONU : l’Assemblée générale peut condamner une agression, mais le Conseil de sécurité demeure paralysé dès lors qu’un de ses membres permanents est lui-même agresseur. Cette contradiction structurelle a profondément affaibli la crédibilité du système de sécurité collective.

Mais les faiblesses de l’ONU ne signifient pas son inutilité. Au contraire : dans un contexte où l’alternative est celle d’une politique exclusivement fondée sur le rapport de force, même des mécanismes imparfaits retrouvent une importance décisive.

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Si le Conseil de sécurité est incapable d’agir, les Etats doivent utiliser les autres procédures prévues par le droit international et la pratique onusienne, notamment la saisine urgente de l’Assemblée générale dans le cadre de la résolution 377 A (chapitre V), « Uniting for Peace » [de 1950]. Il ne s’agit pas d’attendre un miracle juridique, mais de rechercher une légitimité politique : celle d’une position claire, collective, portée par la communauté internationale en faveur de la désescalade.

Empêcher une extension du conflit

La situation autour de l’Iran n’est pas identique à celle de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine. La configuration des intérêts y est moins figée. Les Etats européens, la Chine, ainsi qu’une large partie de la communauté internationale ont objectivement intérêt à empêcher une extension du conflit. Même pour les Etats-Unis, la question de la légitimation internationale de leurs choix n’est pas sans importance, surtout si l’escalade devait entraîner des coûts politiques, économiques et stratégiques durables.

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Source:

www.lemonde.fr