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Mathéo Jacquemoud et Samuel Equy, nouveaux recordmen de l’ascension du mont Blanc

Mathéo Jacquemoud est intenable. Depuis la fin de l’hiver, le skieur alpiniste des Ecrins (Hautes-Alpes) vole de massif en massif sur l’arc alpin. Samedi 25 avril, Jacquemoud et son camarade Samuel Equy ont établi un nouveau record de l’aller-retour entre Chamonix et le sommet du mont Blanc (4 806 m) à ski, en 4 heures 41 minutes 24 secondes. Les deux hommes améliorent de deux minutes la marque de l’Italien William Boffelli, réalisée il y a un peu moins d’un an.

C’est un nouveau record dans les Alpes pour Jacquemoud qui, avec ce même Boffelli, avait battu, trois semaines plus tôt, le temps de référence entre Chamonix et Zermatt (Suisse) – les deux hauts lieux de l’alpinisme sont distants de 100 kilomètres –, en 13 heures 27 minutes 49 secondes. En mars, le Drômois de naissance s’était déjà illustré lors de sa traversée intégrale des Alpes, de Vienne à Nice, en vingt jours, effectuée sans moyens motorisés dans des conditions hivernales difficiles.

Les skis dans le dos, Jacquemoud et Equy se sont élancés samedi à l’aube, un peu avant 7 heures, de la place de l’église de Chamonix, à quelque 1 000 m d’altitude, pour rejoindre le sommet du mont Blanc, 3 800 m plus haut. Champions du monde de ski-alpinisme par équipes en 2022, les deux guides de haute montagne ont rallié le toit de l’Europe occidentale en 3 h 41 pour Equy et 3 h 42 pour Jacquemoud, après avoir « enjambé » les crevasses – très marquées cet hiver – de la Jonction, un passage critique en zone glaciaire dans l’ascension du mont Blanc.

Descente du sommet en une heure

Au terme d’une descente express exécutée en une heure – grâce à une neige encore présente en basse altitude –, le duo était de retour sur le parvis de l’église, comme le veut la tradition. Il n’était pas encore onze heures, les deux sprinteurs des cimes savouraient, une bouteille de bulles à la main, leur record. Là où il faut deux jours à un alpiniste averti pour faire l’ascension du point culminant des Alpes…

« Je ne sais pas encore vraiment pourquoi j’ai tenté ce record. J’y pensais moins ces derniers temps, voire plus du tout. Mais le faire avec Sam est sans doute la motivation principale, a réagi Mathéo Jacquemoud, peu après leur performance. C’était dur. Dans la montée, Sam était toujours devant. Je pense que ma bonne acclimatation – j’ai fait quatre mont Blanc ces derniers temps – m’a vraiment servi. Je suis très content de finir ma saison sur cette réussite… treize ans après mon premier record et avec Sam. »

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Joie identique du côté de Samuel Equy, à qui Jacquemoud venait de subtiliser le chrono sur Chamonix-Zermatt. « Ce n’était pas gagné. Je regardais ma montre tout le temps dans la descente… Mais quel bonheur de finir ensemble. C’était aussi fort de voir les amis, la famille, et même William Boffelli nous encourager à Vallot [un refuge]. C’est aussi ça, le ski-alpinisme, s’est félicité le spécialiste des longues distances. Faire ce record à deux, c’est sans doute un peu plus difficile, mais on a réussi. Et la satisfaction est encore plus grande. »

Mathéo Jacquemoud et Samuel Equy, au terme de leur ascension record du mont Blanc, le 25 avril 2026.


Source:

www.lemonde.fr