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PMA : « Face au défi démographique, il faut ouvrir un débat sur l’évolution du modèle français »

Malgré une mobilisation croissante des Français sur les dons de gamètes en 2025, les délais d’accès à la procréation médicalement assistée (PMA) restent élevés et ne se réduisent que marginalement. Dans un contexte de baisse durable de la natalité, le constat est clair : l’effort ne suffit toujours pas à couvrir les besoins.

Alors que la France revendique une ambition forte en matière de PMA, la réalité du terrain révèle un paradoxe devenu intenable : le pays élargit les droits, mais peine à garantir un accès équitable et rapide aux gamètes nécessaires. Résultat : certains professionnels et patientes françaises se tournent vers des banques de gamètes étrangères, notamment danoises et portugaises.

Depuis la révision de la loi de bioéthique en 2021 élargissant l’accès à la PMA et instaurant l’accès aux origines pour les enfants issus du don, la pression sur le système est très forte : fin 2025, près de 8 700 femmes demeuraient en attente d’un don de spermatozoïdes, avec des délais moyens d’accès autour de dix-huit mois, selon les derniers chiffres de l’Agence de la biomédecine.

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Le don de gamètes est aujourd’hui restreint à une trentaine de centres hospitaliers publics autorisés, selon un modèle très centralisé avec des centres saturés qui peinent à répondre à l’afflux de patientes. A l’inverse, dans de nombreux pays voisins, acteurs publics et privés coexistent pour assurer une offre plus fluide et plus réactive.

Levier concret

Les laboratoires de biologie médicale inclus dans les centres de PMA privés, pourtant répartis sur l’ensemble du territoire et au plus près des patientes, demeurent exclus du dispositif de don. Or ces laboratoires sont déjà des acteurs centraux des parcours de PMA. Ils réalisent les analyses de fertilité, les techniques de PMA et assurent même pour certains des activités spécialisées complexes de préservation de la fertilité, par exemple en cancérologie.

Leur mobilisation, en appui des centres aujourd’hui autorisés, constituerait une solution immédiatement actionnable, sans surcoût structurel majeur, permettant d’augmenter rapidement les capacités du système, d’améliorer la couverture territoriale et de soulager des structures hospitalières saturées. Selon les territoires, les délais peuvent varier de huit à vingt-huit mois, avec de fortes tensions constatées dans certaines régions, selon l’Agence de la biomédecine.

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Source:

www.lemonde.fr