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Regain de tensions entre Moscou et Berlin, sur fond de guerre en Ukraine

Depuis quelques jours, les sujets de tensions diplomatiques se multiplient entre la Russie et l’Allemagne : suspension des livraisons de pétrole kazakh via l’oléoduc Droujba, arrestation d’une citoyenne allemande en Russie ou encore nationalisation d’actifs d’une compagnie pétrogazière allemande. Moscou n’apprécie pas le soutien apporté par Berlin à Kiev depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.

Publié le : 23/04/2026 – 08:03


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Le 14 avril, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président ukrainien Volodymyr Zelensky lançaient un partenariat stratégique fondé sur la coopération militaire, en particulier les drones. Une manière pour l’Allemagne, premier soutien financier de l’Ukraine, de continuer de marquer sa solidarité avec Kiev. Cela n’a semble-t-il pas été du goût de Moscou. Dès lundi 20 avril, le FSB (les services de renseignement intérieur russes) a annoncé l’arrestation d’une Allemande dans le sud du pays. Son identité n’a pas été révélée, mais selon le FSB, cité par des agences de presse russes, elle transportait une « bombe artisanale » dans son sac à dos et préparait un « attentat ».

Un peu plus tôt, la Russie a aussi nationalisé des actifs détenus en Russie par Wintershall Dea, une entreprise pétro-gazière allemande. L’annonce mercredi par la Russie de la suspension dès le 1er mai et jusqu’à nouvel ordre, pour des raisons « techniques », des livraisons de pétrole kazakh à l’Allemagne est venue compléter ce tableau. Un « coup dur » pour Berlin, estime Cyrille Bret, expert associé à l’institut Montaigne. En particulier pour « l’est de l’Allemagne, fortement industrialisé » et dont « les coûts d’approvisionnement en énergie vont se renchérir » en raison de cette suspension et du conflit au Moyen-Orient, poursuit-il. 

Des tensions anciennes

L’Allemagne et la Russie ont longtemps été étroitement liées d’un point de vue économique. Mais aux débuts de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2014, Berlin prend ses distances. « À plusieurs reprises depuis, la tension a monté entre la Russie et l’Allemagne. Moscou ne pardonne pas à Berlin d’avoir été – avec la France – l’un des avocats des sanctions contre la Russie », analyse Cyrille Bret.

Depuis, Berlin a pris toute une série de mesures pour réduire sa dépendance au gaz russe en particulier. Ce dernier épisode « va placer d’autant plus l’Allemagne devant la nécessité de diversifier ses approvisionnements et de trouver des substituts aux hydrocarbures et aux minerais qui viennent de Russie ou d’ex-URSS », poursuit ce spécialiste des questions de défense et de sécurité en Europe.

Médicaments, équipements de santé : une source de pressions potentielle

En plus du pétrole kazakh, Moscou garde des leviers de pression sur l’Allemagne. « L’arme atomique de la Russie sur l’économie allemande, estime Cyrille Bret, ce sont les importations de médicaments, d’équipements médicaux et de ce qui concerne le secteur de la santé. C’est le premier poste d’exportations allemandes vers la Russie. Cela échappe largement aux sanctions et est extrêmement rentable pour l’économie allemande. »

Par exemple, l’interdiction de certains médicaments allemands en Russie pourrait venir accentuer encore la pression sur Berlin. Une décision qui n’est pas à l’ordre du jour pour le moment.


Source:

www.rfi.fr