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Présidentielle 2027 : l’impérieuse nécessité d’un travail programmatique

Une bataille après l’autre. Dès le lendemain du second tour des élections municipales, le personnel politique français s’est tourné vers la prochaine échéance majeure, le scrutin présidentiel de 2027. Les débats n’ont pas tourné autour des grandes thématiques liées à l’actualité. Malgré les multiples conflits armés, malgré l’effondrement du multilatéralisme, les chefs de parti et autres prétendants à l’investiture sont restés particulièrement aphones sur les enjeux cruciaux.

Pas de nouvelles idées sur la souveraineté européenne, pas de phrases fortes sur la relation transatlantique piétinée par Donald Trump, pas d’engagements sur la sobriété et la transition énergétique, si nécessaires dans un monde où le prix des carburants ne cesse de flamber… Loin des problèmes planétaires, la question qui taraude la gauche et la droite est de savoir comment sélectionner un candidat ou une candidate pour l’élection présidentielle.

Ces considérations politiciennes pourraient paraître futiles. Elles sont pourtant cruciales à la veille d’un affrontement politique avec le Rassemblement national et La France insoumise. Ces deux formations n’ont pas de problème d’incarnation. La justice décidera qui de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella portera les couleurs du parti lepéniste ; Jean-Luc Mélenchon ne laissera à personne le soin de représenter la gauche radicale.

Défi identique

Face à ces figures populistes, la social-démocratie et la droite sont confrontées à un défi identique : trouver au plus vite une personnalité en position d’obtenir son ticket pour le second tour. Les deux familles connaissent le même clivage. D’un côté, les partisans d’une primaire où les projets s’affronteraient avant un hypothétique rassemblement. De l’autre, ceux qui se méfient de ce processus, porteur de divisions, et qui misent sur un écrémage par les sondages en se réfugiant derrière le mirage d’un « consensus organisé », selon les mots de Boris Vallaud, président des députés socialistes.

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Chaque camp a de bons arguments. Les partisans d’une primaire soulignent son efficacité pour éliminer, le plus démocratiquement possible, des candidatures. Certains veulent même en profiter pour faire tomber des frontières importantes. Laurent Wauquiez, président du groupe des députés Les Républicains (LR), rêve ainsi d’un scrutin qui irait du centre jusqu’à Reconquête !, la formation zemmouriste d’extrême droite.

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Les contempteurs, eux, n’ont pas oublié les primaires de 2016 et 2017. Celle de la gauche avait lancé Benoît Hamon. Avec un programme abouti mais considéré comme pas assez centriste par certains, ce dernier avait ouvert un énorme espace à Emmanuel Macron. Bien avant la tornade des affaires, le projet rigoriste de François Fillon avait aussi rebuté les juppéistes. Hormis François Hollande, porté en 2012 par le désamour à l’égard de Nicolas Sarkozy, aucun vainqueur d’une primaire n’a réussi à accéder à l’Elysée.

L’une des réponses à cette équation impossible serait de réfléchir à une base de programme commun avant de désigner un candidat. Des premières ébauches apparaissent à gauche. La secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, publie un manifeste. M. Vallaud a, lui, réclamé de « se mettre d’accord sur un projet partagé ». Mais, après des années d’affrontement, les différentes composantes de la gauche et de la droite sont-elles assez mûres pour trouver la voie d’un compromis sur leurs terrains respectifs ? Le président du parti LR, Bruno Retailleau, s’est déjà dressé contre les « synthèses molles », tout en vantant sa volonté de « rupture radicale » avec les héritiers du macronisme, notamment avec Edouard Philippe. Le danger d’une victoire de l’extrême droite devrait pourtant obliger les uns et les autres à accepter des accommodements.

Le Monde


Source:

www.lemonde.fr