Il est interdit d’y jouer à l’année en Australie… sauf le 25 avril. À chaque “Anzac Day”, journée d’hommage au corps d’armée australien et néo-zélandais ayant servi pendant la Première Guerre mondiale, les Australiens affluent dans les pubs pour participer à une partie de “two-up”. Ce jeu de hasard et d’argent consiste à jeter deux pièces en l’air à l’aide d’une petite palette en bois, le “kip”.
Ce samedi encore, d’interminables files d’attente se sont formées dès le matin devant des établissements de Sydney, relate le correspondant en Australie du tabloïd anglais Daily Mail.
Le 25 avril, les bars n’ont pas besoin d’autorisation pour laisser les clients jouer au “two-up”, “mais ils doivent veiller à ce que le jeu se déroule dans son format traditionnel et prendre des mesures pour gérer la foule”, précise le Daily Mail.
Une foule en délire
“Les règles sont simples, mais l’ambiance est tout sauf tranquille”, confirme l’édition australienne du magazine américain Forbes. Situé au centre d’une petite arène de fortune, un “spinner” tient dans sa main le “kip”, sur lequel sont déposées deux pièces d’un centime. Il doit parier sur le résultat du lancer de pièces − “généralement sur pile”, note Forbes. Son adversaire parie l’inverse. Si les deux pièces ne retombent pas du même côté, “on relance”, précise Forbes.
Un tiers, nommé “boxer”, supervise les mises, annonce le lancer, et veille à son bon déroulement. “Autour d’eux, la foule fait des paris. En espèces uniquement, et un serrage de mains en signe d’accord. On peut donc voir des billets de cinq, cinquante ou cent dollars australiens, brandis bien haut”, décrit le média.
Un reportage de la chaîne de télévision 7News à Sydney, publié sur le réseau X, suffit à mesurer l’engouement autour d’une partie de “two-up”. “Veillez à jouer de manière responsable”, avertit de son côté le site australien News.com.aus.
“Bien qu’il existe des preuves que le jeu était pratiqué par les bagnards aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles”, poursuit News.com.aus, le “two-up” était aussi prisé des officiers pendant la Première Guerre mondiale, “et il est devenu un passe-temps populaire pour les hommes dans les tranchées”. Il reste aujourd’hui “très apprécié” parmi les anciens combattants, assure le portail d’information.
Forbes considère même ce jeu comme “un véritable rite de passage national”, un hommage rendu “au service, au sacrifice et à la camaraderie”.
L’exception Broken Hill
Les règles peuvent varier selon les contrées, renseigne News.com.aus. Dans l’État de Victoria, par exemple, “les gens peuvent disputer des parties de two-up seulement pendant les sept jours précédant l’Anzac Day”, tandis que les habitants de Nouvelle-Galles du Sud sont autorisés à y jouer le 25 avril, le 15 août (jour de la victoire des Alliés dans le Pacifique, pendant la Seconde Guerre mondiale) et le 11 novembre (l’armistice de la Première Guerre mondiale, nommé “jour du Souvenir” en Australie), après midi.
La ville de Broken Hill, située en plein désert australien, est “le seul endroit du pays” à autoriser les parties de “two-up” tous les jours de l’année, “en raison de ses liens historiques profonds avec ce jeu”, assure Forbes.
Source:
www.courrierinternational.com

