Le débat public sur la comparaison entre les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) est dominé par un constat sans appel : l’économie européenne décroche face au dynamisme économique des Etats-Unis. Pourtant, derrière cette suprématie économique se cache une réalité bien plus nuancée, où la performance des indicateurs de performance économique se heurte à une grande fragilité sociale outre-Atlantique, alors que l’Europe, malgré ses problèmes économiques, connaît bien moins de problèmes sociaux.
Pour comprendre cette singularité du duel transatlantique, il convient d’abord d’identifier les moteurs économiques qui propulsent la puissance américaine au-delà des performances européennes depuis plus d’une décennie.
Premièrement, l’avance technologique et l’innovation constituent le cœur du réacteur américain. Les Etats-Unis consacrent environ 3,5 % de leur produit intérieur brut à la recherche et au développement, contre seulement 2,2 % dans la zone euro. Cela se traduit par une domination écrasante dans le secteur des technologies de l’information, où les investissements par emploi sont cinq fois plus élevés qu’en Europe. Cette capacité à transformer l’innovation en gain de productivité explique pourquoi, depuis 2002, la performance horaire américaine a progressé quatre fois plus vite que celle de ses partenaires européens.
Deuxièmement, les conditions de production et de travail favorisent une création de richesse plus intense outre-Atlantique. Les Etats-Unis bénéficient d’une démographie plus dynamique avec un taux de fécondité de 1,67 enfant par femme, contre 1,46 en Europe, et une immigration de travail qui alimente continuellement la population active. De plus, le temps de travail annuel moyen est supérieur de 15 % à celui des Européens. A cet avantage humain s’ajoute un avantage énergétique décisif, les entreprises américaines profitant d’un prix de l’énergie trois fois inférieur à celui de l’Europe grâce à l’exploitation massive des ressources locales.
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Source:
www.lemonde.fr


