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« Les guerres en Ukraine et en Iran ont transformé la relance du nucléaire en nécessité indiscutable »

Il y a quarante ans, le réacteur n° 4 de la centrale de Tchernobyl explosait, dispersant dans l’atmosphère environ 30 000 fois les rejets radioactifs de toutes les installations nucléaires civiles ayant jamais fonctionné. De manière paradoxale, cet anniversaire coïncide peu ou prou avec la concrétisation des projets de relance de l’atome, un peu partout dans le monde. En France, les derniers épisodes en date, mi-mars, sont la visite d’Emmanuel Macron du chantier du futur EPR de Penly, en Seine-Maritime, et l’annonce d’une série de décisions issues du cinquième conseil de politique nucléaire.

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Celles-ci n’ont soulevé presque aucune protestation audible, ni dans le monde politique ni dans la société civile. Elles ne se sont attiré quasiment aucun commentaire, pas plus sur le moment que quelques semaines plus tard, à l’occasion des 40 ans de l’explosion de la centrale ukrainienne. Bien plus que la question climatique, les guerres en Ukraine et en Iran, et les tensions qu’elles induisent sur les marchés d’hydrocarbures, ont transformé la relance du nucléaire tricolore en nécessité indiscutable.

La tendance est lourde et ne concerne pas uniquement la France. Même en Allemagne, qui a misé sur la sortie du nucléaire après la catastrophe de Fukushima (Japon) en 2011, au profit d’un fort développement des énergies renouvelables, la question se repose de manière aiguë. En mai 2025, Berlin s’est engagé à ne plus s’opposer au développement de l’atome à l’échelon européen, mettant un terme à un point de désaccord profond avec Paris. Début avril, dans un entretien au Financial Times, Katherina Reiche (CDU), ministre de l’économie et de l’énergie, a proposé d’aller plus loin, ouvrant la possibilité d’investir en Europe dans le développement de cette technologie. Le même mouvement est à l’œuvre en Belgique, où la loi de 2003 qui prévoyait une sortie totale de l’atome avant fin 2025, a été abrogée in extremis, quelques mois avant l’échéance.

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Source:

www.lemonde.fr