Donald Trump a averti, samedi 2 mai, qu’il comptait réduire drastiquement le nombre de soldats américains stationnés en Allemagne, après l’annonce d’une baisse de 5 000 des effectifs, contestée jusque dans son camp. « Nous allons réduire bien davantage et nous réduisons bien plus que 5 000 », a déclaré le président des Etats-Unis à la presse depuis West Palm Beach en Floride, alors qu’il s’apprêtait à monter dans son avion.
Le Pentagone a annoncé vendredi une diminution des effectifs dans les « six à douze prochains mois » qui correspond à environ 15 % des 36 000 soldats stationnés en Allemagne, pays membre de l’OTAN, où cette présence joue un rôle crucial pour la sécurité ainsi que pour l’économie locale.
Donald Trump a pris cette décision après que le chancelier allemand, Friedrich Merz, a estimé lundi que « les Américains [n’avaient] visiblement aucune stratégie » en Iran et que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale.
Plus généralement, le président américain reproche à ses alliés européens traditionnels un manque de soutien dans son offensive lancée fin février contre la République islamique aux côtés d’Israël. Il leur demande aussi de longue date de renforcer leur défense, les accusant de dépendre excessivement de la protection militaire américaine.
Aux Etats-Unis, les deux présidents républicains des commissions parlementaires des forces armées de la Chambre des représentants et du Sénat, pourtant du camp de Donald Trump, se sont dits « très inquiets » de cette décision et du « mauvais signal envoyé à Vladimir Poutine ».
« Même si les alliés vont vers des dépenses de défense à 5 % de leur PIB, la concrétisation de cet investissement (…) prendra du temps. Réduire prématurément la présence américaine en Europe avant que ces moyens soient pleinement opérationnels risque de fragiliser la dissuasion », s’alarment Mike Rogers et Roger Wicker dans un communiqué.
Menace de réduction des forces américaines en Italie et en Espagne
« Que des troupes des Etats-Unis se retirent d’Europe et d’Allemagne était attendu », a réagi plus tôt le ministre allemand de la défense, Boris Pistorius, dans un commentaire transmis à l’Agence France-Presse (AFP). « Nous, Européens, devons prendre plus de responsabilités pour notre sécurité », a-t-il plaidé.
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Vendredi, Donald Trump s’en est aussi indirectement pris à l’Allemagne et ses importantes exportations automobiles en annonçant vouloir relever à 25 % « la semaine prochaine » les droits de douane sur les véhicules importés aux Etats-Unis depuis l’Union européenne (UE).
Depuis la fin de la guerre froide, la présence américaine en Allemagne a fortement diminué mais reste centrale pour la sécurité du pays face à la menace russe depuis l’invasion de l’Ukraine. Elle génère aussi des milliers d’emplois et de contrats dans une économie allemande en difficulté.
La présence américaine dans le pays est « dans l’intérêt » de l’Allemagne et des Etats-Unis car ces troupes servent de « dissuasion collective », a affirmé Boris Pistorius.
Donald Trump avait également évoqué jeudi une possible réduction des forces américaines en Italie et en Espagne. Fin 2025, les deux pays accueillaient respectivement 12 662 et 3 814 soldats américains, selon des chiffres officiels. L’UE avait alors souligné que la présence de troupes américaines en Europe servait « également les intérêts des Etats-Unis ».
Source:
www.lemonde.fr

