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« Le processus à l’œuvre en Nouvelle-Calédonie est bel et bien un processus de décolonisation »

Lorsqu’on s’intéresse de près à la Nouvelle-Calédonie, on a parfois le sentiment qu’il est plus difficile à la France de réussir une décolonisation que de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille.

Si, dans ce territoire qui fut autrefois une colonie pénitentiaire et une colonie de peuplement, la colonisation au XIXe siècle fut particulièrement violente, le processus de décolonisation, auquel la France est aujourd’hui tenue en raison de ses engagements internationaux, n’a pas nécessairement à l’être. Fort heureusement, une décolonisation tragique, à l’image du cas algérien, n’est pas inéluctable.

Le processus de décolonisation a été enclenché en Nouvelle-Calédonie à partir des années 1980. Il a connu des avancées significatives, la plus importante d’entre elles étant sans aucun doute l’accord de Nouméa du 5 mai 1998. Il a connu aussi des reculs notables avec, tout récemment, les émeutes de mai 2024 qui ont endeuillé le pays.

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Ce processus paraît aujourd’hui à l’arrêt depuis que l’Assemblée nationale, le 2 avril, a adopté la motion de rejet présentée par Emmanuel Tjibaou [groupe communiste et ultramarin], repoussant ainsi le projet de loi constitutionnelle qui reprenait les éléments contenus dans l’accord de Bougival de juillet 2025 négocié à l’époque par Manuel Valls, alors ministre des outre-mer. Il avait été entretemps complété par un accord dit « Elysée-Oudinot ».

Les prémices d’une solution raisonnable

Cette situation de blocage est d’autant plus préoccupante que l’économie du territoire est à l’agonie, que la population sur place est lassée – on le serait à moins – et que, juridiquement, on n’est certain que d’une chose : des élections provinciales déterminant la majorité au congrès de Nouvelle-Calédonie doivent impérativement être organisées au plus tard le 28 juin, c’est-à-dire demain.

C’est pourquoi le premier ministre, Sébastien Lecornu, a repris la main sur le dossier et a réuni ces jours-ci les responsables politiques locaux. Non-indépendantistes et indépendantistes se sont donc retrouvés autour de la même table, fût-elle virtuelle, les entretiens ayant eu lieu en visioconférence, ce qui ne s’était plus produit depuis près d’une année.

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Source:

www.lemonde.fr