N’appelez plus Gilles Simeoni « sgiò presidente », (Monsieur le président), mais « sgiò merre », (Monsieur Le maire). En démissionnant, le 21 avril, de la tête du conseil exécutif de Corse à cause du cumul des mandats, le chef de file autonomiste est désormais uniquement premier magistrat de Bastia – il a été réélu en mars d’une courte tête (44,49 %). Ce retour dans la forteresse bastiaise a été, comme souvent, pavé de symboles et d’actes politiques « dans le sens de l’histoire », comme le répètent ses proches.
Elu maire en 2014, en faisant chuter trois générations du clan Zuccarelli – qui présidait depuis plus d’un demi-siècle au destin de la cité –, Gilles Simeoni était ensuite devenu l’homme fort de la Corse, le 17 décembre 2015, en remportant les élections territoriales. Il avait alors délaissé sa mairie pour gouverner depuis Ajaccio en tant que président de l’exécutif pendant une décennie, négociant, avec « deux présidents de la République et neuf premiers ministres », selon son comptage, un statut d’autonomie de l’île. Le projet de loi doit être présenté début juin à l’Assemblée nationale, puis à l’automne au Sénat. Les nationalistes espèrent que le Parlement inscrira ensuite la spécificité corse dans la Constitution.
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