Lupus, sclérose en plaques, polyarthrite rhumatoïde, diabète de type 1 ou encore maladie de Crohn sont tout autant de maladies auto-immunes, relativement courantes en France. Si l’on connait leur mécanisme d’action, leur origine reste assez mystérieuse. Prédisposition génétique, facteurs environnementaux, mode de vie, facteurs hormonaux … sont autant d’éléments qui peuvent contribuer à déclencher ces maladies. Contrairement à certaines idées reçues, elles évoluent indépendamment des saisons et le printemps notamment, n’a généralement pas d’impact direct sur elles.
Définition : qu’est-ce qu’une maladie auto-immune localisée ou systémique ?
Une maladie auto-immune est une pathologie dans laquelle le système immunitaire, censé nous défendre contre les agressions extérieures (virus, bactéries) se trompe de cible et attaque les propres cellules de l’organisme. Normalement, notre système immunitaire sait faire la différence entre ce qui appartient au corps et ce qui est étranger (virus, bactéries). Mais dans les maladies auto-immunes, ce mécanisme de reconnaissance se dérègle. Le corps fabrique alors des anticorps ou active des cellules immunitaires contre ses propres tissus, comme s’ils étaient des ennemis. Elles sont liées à un dysfonctionnement des cellules qui contrôlent la production d’anticorps, tels que les lymphocytes B par exemple.
Ces maladies sont aussi caractérisée par une évolution par poussées : des périodes où les symptômes s’aggravent chez le patient, entrecoupées de phases plus calmes. L’inflammation joue un rôle central, car c’est elle qui provoque les douleurs, la fatigue ou les atteintes des tissus.
Neurologique, peau, articulaires : liste des maladies auto-immunes et leurs symptômes
Les maladies auto-immunes regroupent un ensemble très large de pathologies, qui peuvent toucher des organes très différents. Parmi les plus fréquentes, la maladie de Hashimoto se caractérise par une attaque progressive de la thyroïde, entraînant le plus souvent une hypothyroïdie et un ralentissement du métabolisme. À l’inverse, la maladie de Basedow stimule excessivement cette glande, provoquant une accélération du rythme cardiaque, une perte de poids ou une nervosité marquée.
Du côté des maladies articulaires, la polyarthrite rhumatoïde est l’une des plus connues : elle entraîne une inflammation chronique des articulations, responsable de douleurs, de gonflements et, à terme, de déformations. Dans un registre plus systémique, le lupus peut toucher plusieurs organes à la fois — peau, articulations, reins — avec des symptômes très variables selon les patients.
Certaines maladies concernent le système nerveux, comme la sclérose en plaques, dans laquelle le système immunitaire s’attaque à la gaine protectrice des nerfs, perturbant la transmission des messages nerveux et entraînant des troubles moteurs, sensitifs ou visuels. D’autres atteignent le système digestif, comme les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique) qui provoquent une inflammation chronique du tube digestif avec douleurs abdominales et troubles du transit.
On peut aussi citer le psoriasis, une maladie de la peau caractérisée par un renouvellement accéléré des cellules cutanées, à l’origine de plaques rouges et squameuses, ou encore le diabète de type 1, dans lequel le système immunitaire détruit les cellules du pancréas qui produisent l’insuline.
Enfin, certaines maladies sont plus rares mais bien identifiées, comme le syndrome de Gougerot-Sjögren, qui touche les glandes responsables des larmes et de la salive, ou la maladie cœliaque, une intolérance auto-immune au gluten qui endommage la muqueuse intestinale.
Quelle est la maladie auto-immune la plus fréquente ?
Les maladies auto-immunes les plus fréquentes sont celles qui touchent la thyroïde, en particulier la thyroïdite de Hashimoto, avec une forte prédominance féminine. Viennent ensuite la polyarthrite rhumatoïde, très connue et étudiée, et le psoriasis.
Qu’est-ce qui peut déclencher une maladie auto-immune ?
L’origine des maladies auto-immunes reste encore très mystérieuse et fait l’objet de nombreuses recherches. On sait déjà qu’elles n’ont pas une cause unique, et qu’elles se déclenchent à la suite d’une combinaison d’éléments qui finissent par dérégler le système immunitaire.
Notons cependant que si un terrain génétique existe, elles ne sont pas pour autant des maladies strictement héréditaires.
Parmi les facteurs environnementaux identifiés à ce jour, on trouve certaines infections virales, l’exposition aux UV, la prise de certains médicaments ou de substances toxiques. Plus ces facteurs de risque se cumulent, plus la réponse immunitaire a de chances d’être amplifiée. « Les hormones jouent également un rôle, en particulier les oestrogènes ce qui explique pourquoi ces maladies touchent plus souvent les femmes, notamment à l’âge adulte » précise le Pr Amoura. Enfin, il est aujourd’hui établi que le stress – en particulier lorsqu’il est chronique ou intense – influence profondément le fonctionnement immunitaire. Il est considéré comme un facteur déclencheur, aggravant ou modulateur de maladies auto-immunes. Plusieurs études montrent ainsi que des événements de vie très stressants peuvent précéder la survenue de maladies comme la polyarthrite rhumatoïde, le lupus ou la maladie de Basedow, avec un sur-risque observé chez les personnes souffrant de troubles liés au stress. Le stress joue par ailleurs un rôle encore plus clair dans les poussées, en favorisant l’inflammation et les rechutes, notamment dans la sclérose en plaques et le psoriasis, via des mécanismes neuroendocriniens et immunitaires.
Le printemps peut-il être un facteur déclencheur de maladie auto-immune ?
Contrairement à certaines allergies qui explosent avec le retour des beaux jours, les maladies auto-immunes ne semblent pas suivre de véritable rythme saisonnier.
Ces pathologies évoluent avant tout en fonction de facteurs propres à chaque patient, indépendamment du calendrier.
Quelques influences indirectes peuvent toutefois entrer en jeu. « Dans le cas particulier du Lupus, l’ensoleillement est identifié comme facteur déclenchant ou aggravant des poussées, en raison de la sensibilité particulière de leur peau aux UV » indique le Pr Amoura. Mais l’ensoleillement est le plus souvent encore discret et léger au printemps, et la saison la plus concernée reste l’été.
Autre lien indirect possible, la circulation parfois plus active de certains virus aux changements de saison. « On sait que certains infections virales peuvent, chez des personnes prédisposées, agir comme un élément déclencheur en stimulant excessivement le système immunitaire » ajoute l’expert.
Mais au-delà de ces situations spécifiques, le lien reste ténu. Les légères variations saisonnières de l’immunité, liées notamment à la lumière ou aux rythmes de vie, ne suffisent pas à expliquer à elles seules l’apparition ou les poussées de ces maladies. En réalité, ce sont surtout des facteurs individuels — génétiques, hormonaux, environnementaux — qui dictent leur évolution.
Autrement dit, si le printemps peut influencer certains paramètres de l’organisme, il ne constitue pas, en lui-même, un déclencheur des maladies auto-immunes.
Source:
www.santemagazine.fr

