Plusieurs personnalités politiques, principalement à gauche, ont dénoncé, jeudi 16 avril, le licenciement d’Olivier Nora, président-directeur général (PDG) de la maison d’édition Grasset, décrivant des « purges » et un « conglomérat totalitaire » menés par le propriétaire de la société, Vincent Bolloré.
« [Vincent] Bolloré est un prédateur sans complexe qui, après avoir transformé ses médias en outils de propagande, veut maintenant lobotomiser l’édition », a écrit sur le réseau social X le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, en réaction au limogeage d’Olivier Nora, qui était à la tête de Grasset depuis vingt-six ans. Et le socialiste de fustiger des « purges et mises au pas » partout où passe le milliardaire conservateur, « d’i-Télé devenue CNews au JDD ».
« [Vincent] Bolloré met la France des lettres au défi », a pour sa part commenté le dirigeant de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.
« Croisade idéologique »
Olivier Nora s’était porté garant de l’indépendance de Grasset après le rachat d’Hachette, groupe auquel appartient la maison, par Vincent Bolloré, en 2023. Son éviction a provoqué le départ de 115 auteurs qui, dans une lettre ouverte, ont dit refuser « d’être les otages d’une guerre idéologique visant à imposer l’autoritarisme partout dans la culture et les médias ».
L’ancien premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve a salué « la diversité de leurs styles, la pluralité de leurs œuvres, mais aussi l’unité de leur attachement à une certaine idée de la culture et de l’édition – la liberté » et condamné « l’offensive de l’idéologie réactionnaire et de l’argent ». Avec la présidentielle en ligne de mire, Bernard Cazeneuve a appelé à « garantir par la loi » le « pluralisme et l’indépendance » de l’édition, et Jean-Luc Mélenchon à « démanteler ce genre de conglomérat totalitaire édition, journaux, télé, radio ».
Candidat quasi déclaré, l’ancien chef du gouvernement de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, a, de son côté, adressé à Olivier Nora son « plein soutien face à des méthodes inacceptables » relevant d’une « croisade idéologique ». Il a déclaré s’opposer à toute réédition de son livre par le groupe Hachette « tant que ces circonstances prévaudront ».
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