La France insoumise (LFI) a dénoncé, jeudi 16 avril, à l’Assemblée nationale un « scandale d’Etat », en réaction à la publication d’un article de Mediapart faisant état d’une « surveillance extrêmement poussée » de la députée européenne « insoumise » Rima Hassan dans le cadre de l’enquête la visant pour apologie du terrorisme.
« Monsieur le ministre [de l’intérieur, Laurent Nuñez], pouvez-vous nous expliquer pourquoi le téléphone de madame Rima Hassan a été placé sous surveillance ? (…) Il n’est pas normal qu’une députée de la République française soit placée sous surveillance (…), que l’apologie du terrorisme soit utilisée pour réprimer les opposants politiques », a tempêté le député Arthur Léaument peu après la publication de l’article de Mediapart en début d’après-midi.
Selon le site d’investigation, le téléphone de Rima Hassan « a été géolocalisé, ses déplacements effectués bien avant l’ouverture de l’enquête ont tous été retracés et plusieurs fichiers ont été consultés, en dépit de son statut d’élue ».
La présidente du groupe LFI a dénoncé des « révélations d’une gravité absolue » et le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, un « scandale d’Etat ».
Laurent Nuñez évoque « une procédure judiciaire »
« Elle a été géolocalisée pendant plus d’un mois, avant même le tweet dont il a été question pour aller en garde à vue. Et, en fait, la question que je vous pose, monsieur le ministre de l’intérieur, c’est quel sens a pour vous le terme de liberté individuelle, d’Etat de droit et de respect des parlementaires ? », a lancé la députée écologiste Sandrine Rousseau.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a souhaité que le ministre réponde aux « insoumis », jugeant légitime « la question de savoir si une élue peut (…) être amenée à rendre compte de son emploi du temps sur des mois entiers, alors même que rien ne le justifie ».
Le ministre de l’intérieur a affirmé que dans le cadre de la procédure judiciaire pour apologie du terrorisme ouverte contre la députée européenne, « il y a un parquet qui diligente des enquêtes et (…) il y a un certain nombre d’actes d’enquête qui peuvent être menés » qui sont « sous l’autorité de la justice ». « C’est une procédure judiciaire. Il faut qu’on respecte l’Etat de droit et la séparation des pouvoirs », a-t-il insisté.
Et alors que le député LFI Ugo Bernalicis accusait le ministre d’avoir « utilisé les services de renseignement administratif à [l’]encontre [de Mme Hassan], au mépris de la réglementation », celui-ci a démenti : « Non, monsieur Bernalicis, le renseignement territorial ne travaille pas sur les questions politiques », a-t-il assuré.
Source:
www.lemonde.fr

