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Exposition Hilma af Klint à Paris : le Grand Palais révèle les visions époustouflantes de la pionnière de l’abstraction

Jusqu’au 30 août, le Grand Palais à Paris accueille les dessins et peintures de la Suédoise Hilma af Klint, qui a été l’une des premières à oser l’abstraction.

Il ne s’agit pas d’une rétrospective, mais d’une exposition centrée sur les Peintures du Temple des années 1906 à 1915, plusieurs séries de grands formats aux couleurs vives. L’exposition, montée par le professeur à l’université Paris I-Panthéon Sorbonne Pascal Rousseau, explique les sources d’inspiration d’Hilma af Klint (1862-1944) et son engagement dans la théosophie. Elle permet de comprendre, en dix séries successives, les différentes déclinaisons de ses spirales et cercles en lien avec le cosmos, le chaos et le futur spirituel de l’humanité. Pour sa dernière sortie de la Hilma af Klint Foundation de Stockholm, à cause de sa fragilité, la série « Les Dix plus grands » impressionne par sa monumentalité, ses motifs et ses couleurs pré-psychédéliques. Sa présentation à couper le souffle devrait permettre de remettre à sa juste place le travail d’Hilma af Klint, au rang de ses pairs de l’abstraction, de Wassily Kandinsky à Paul Klee.

Deux étages, deux ambiances

Dans une scénographie élégante signée Pascal Rodriguez, l’exposition d’Hilma af Klint occupe deux étages du Grand Palais. Sur des cimaises grises ou noires, les œuvres du rez-de-chaussée sont plutôt de petits formats, souvent sur papier. Elles rappellent les séances de spiritisme du groupe De Fem (les Cinq) que fréquente Hilma af Klint et son amie Anna Cassel. Toutes deux se lancent dans le premier cycle des Peintures du Temple en 1906. Racontant la genèse du monde et les formes microscopiques peuplant les océans, elles annoncent déjà les séries exposées au premier étage sur des cimaises roses et joyeuses (on oublie le tulle rose façon jupette).

Hilma af Klint et Anna Cassel, Série <i>Chaos originel</i>, 1906-1907, présentée dans l’exposition « Hilma af Klint », Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Hilma af Klint et Anna Cassel, Série Chaos originel, 1906-1907, présentée dans l’exposition « Hilma af Klint », Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Présentation de l’exposition

Hilma af Klint au Grand Palais | Bande-annonce de l’exposition

Une figuration allusive

Pour des raisons d’espace et de difficulté des prêts, l’exposition du Grand Palais se concentre sur la deuxième période de la carrière de Hilma af Klint. Elle fait donc l’impasse sur ses premiers contacts avec le monde du spiritisme et de la théosophie au début des années 1880, ses premiers portraits naturalistes et ses paysages dans la veine postimpressionniste.

Vue de l'exposition « Hilma af Klint » présentée au Grand Palais à Paris en 2026 © Luc Castel, 2026Vue de l'exposition « Hilma af Klint » présentée au Grand Palais à Paris en 2026 © Luc Castel, 2026

Vue de l’exposition « Hilma af Klint » présentée au Grand Palais à Paris en 2026 © Luc Castel, 2026

Le début du parcours s’ouvre sur le groupe De Fem et les séances collectives pendant lesquelles cinq artistes réalisent des dessins automatiques. Puis viennent les séries Eros et les Grandes Peintures figuratives, entre figuration et abstraction. Ici, un homme et une femme s’unissent pour créer un troisième genre.

Vue de l'exposition « Hilma af Klint » présentée au Grand Palais à Paris en 2026 © Connaissance des Arts / Anne-Sophie Lesage-MünchVue de l'exposition « Hilma af Klint » présentée au Grand Palais à Paris en 2026 © Connaissance des Arts / Anne-Sophie Lesage-Münch

Vue de l’exposition « Hilma af Klint » présentée au Grand Palais à Paris en 2026 © Connaissance des Arts / Anne-Sophie Lesage-Münch

Du matériel à l’immatériel

La série Evolution montre le passage du matériel à l’immatériel. Seize toiles rectangulaires racontent l’évolution spirituelle de l’humanité, selon Hilma af Klint. De la naissance à la chute nécessaire, car il faut que l’homme descende vers l’obscurité et remonte vers la lumière. Puis de la souffrance vers la renaissance dans une couleur rouge, symbole de pureté. Ces œuvres de 1908 complètent les séries précédentes destinées à être accueillies dans un temple, conformément aux ordres donnés par les esprits Georg et Ananda pendant les séances de spiritisme.

Hilma af Klint, Série <i>Evolution</i>, 1908, présenté dans l’exposition « Hilma af Klint », Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.Hilma af Klint, Série <i>Evolution</i>, 1908, présenté dans l’exposition « Hilma af Klint », Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Hilma af Klint, Série Evolution, 1908, présenté dans l’exposition « Hilma af Klint », Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Beauté paradisiaque

Alors que Hilma af Klint poursuit son travail de portraitiste réaliste qu’elle expose à Stockholm, elle se concentre sur une série de très formats monumentaux intitulés Les Dix plus grands. Les esprits lui demandent d’imaginer « dix tableaux d’une beauté paradisiaque ». Ces panneaux sur papier, peints à la tempera à l’œuf comme à la Renaissance, mélangent lettres et formes géométriques dans des couleurs mates. Ils représentent les âges de la vie. Ici, l’enfance aux couleurs tendres.

Hilma af Klint, Les Dix Plus Grands n°7, l’âge adulte, 1907, tech. m. sur toile, 315 x 235 cm, courtesy of the Klint Foundation ©The Moderna Museet, Stockholm Hilma af Klint, Les Dix Plus Grands n°7, l’âge adulte, 1907, tech. m. sur toile, 315 x 235 cm, courtesy of the Klint Foundation ©The Moderna Museet, Stockholm 

Hilma af Klint, Les Dix Plus Grands n°7, l’âge adulte, 1907, tech. m. sur toile, 315 x 235 cm, courtesy of the Klint Foundation ©The Moderna Museet, Stockholm

Pré-psychédéliques

Avec soixante ans d’avance sur l’époque hippy, cette série des Dix plus grands étonne par ses motifs de grandes fleurs et ses couleurs rose, orange et violet. Dans les groupes théosophiques (prônant une religion universelle associant bouddhisme et catholicisme), et en particulier en Angleterre, les émotions ont des équivalents chromatiques : le rouge pour le désir, le jaune pour la concentration intellectuelle et le bleu pour la concentration spirituelle. Pas étonnant qu’Hilma af Klint imagine de savants assortiments colorés.

Hilma af Klint, Série <i> Les Dix plus grands</i>, 1907, présenté dans l’exposition « Hilma af Klint », Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.Hilma af Klint, Série <i> Les Dix plus grands</i>, 1907, présenté dans l’exposition « Hilma af Klint », Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Hilma af Klint, Série Les Dix plus grands, 1907, présenté dans l’exposition « Hilma af Klint », Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Une œuvre sauvée in extremis

Malgré les propositions de l’artiste Tyra Kleen de conserver les Peintures du Temple dans un bâtiment de la fondation protestante Sigtuna, Hilma af Klint refuse, mais se préoccupe de la conservation de ses œuvres. À sa mort en 1944, c’est grâce au sculpteur Olof Sundström que son travail est sauvé de la destruction pendant la Seconde Guerre mondiale, inventorié et conservé. Il ne sera montré pour la première fois que vingt ans après la disparition de Hilma af Klint, conformément à sa volonté. Depuis 1986, chaque exposition s’accompagne d’un succès public.

Hilma af Klint, Série <i>US</i> (1913) et série <i>Retable</i>, 1915-1916, présentés dans l’exposition « Hilma af Klint », Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.Hilma af Klint, Série <i>US</i> (1913) et série <i>Retable</i>, 1915-1916, présentés dans l’exposition « Hilma af Klint », Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

Hilma af Klint, Série US (1913) et série Retable, 1915-1916, présentés dans l’exposition « Hilma af Klint », Grand Palais, Paris, 2026. ©Connaissance des Arts/Guy Boyer.

« Hilma af Klint »Grand Palais, 17, avenue du Général-Eisenhower, 75008 ParisDu 6 mai au 30 août 2026


Source:

www.connaissancedesarts.com