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AccueilPolitiqueEn Roumanie, les sociaux-démocrates annoncent leur départ du gouvernement, désormais fragilisé

En Roumanie, les sociaux-démocrates annoncent leur départ du gouvernement, désormais fragilisé

Le Parti social-démocrate (PSD) en Roumanie a annoncé, jeudi 23 avril, son départ de la coalition au pouvoir, fragilisant le gouvernement du premier ministre libéral, Ilie Bolojan, car « à partir de maintenant, le premier ministre ne bénéficie plus du soutien d’une majorité parlementaire », a affirmé le parti dans un communiqué. « Ce qui signifie qu’il n’a plus la légitimité démocratique pour exercer la fonction de chef du gouvernement roumain », peut-on encore lire dans le document.

Le PSD, première force parlementaire du pays, avait rejoint en juin 2025 une coalition gouvernementale pro-européenne, après des mois de tourmente politique, marqués par une poussée de l’extrême droite et par l’annulation de l’élection présidentielle sur fond d’allégations d’ingérence russe.

Depuis, le gouvernement dirigé par M. Bolojan a pris une série de mesures impopulaires, comme la hausse des impôts, afin de s’attaquer au plus important déficit de l’Union européenne, s’attirant le mécontentement du PSD qui voit sa base électorale grignotée par l’extrême droite, alors que la Roumanie enregistre également le taux d’inflation le plus élevé de l’Union européenne, à 9,87 % en mars sur un an.

Le parti de Sorin Grindeanu s’est dit jeudi ouvert à entrer dans « un nouveau gouvernement pro-européen » et à soutenir un autre premier ministre, « qu’il s’agisse d’un politicien ou d’un technocrate ». Cependant, M. Bolojan a exclu à plusieurs reprises de démissionner. Le dirigeant de 57 ans, qui s’est forgé une réputation de réformateur, soucieux d’enrayer le gaspillage de l’argent public et d’attirer les fonds européens, est critiqué pour son « inflexibilité ».

Un intérim de quarante-cinq jours

Le président roumain, Nicusor Dan, qui a mené mercredi des consultations avec les partis de la coalition au pouvoir, avait appelé au calme à l’issue de ces réunions, assurant que la Roumanie resterait sur une voie européenne. Il a également assuré que le pays resterait sur la bonne voie en matière de finances et d’accès aux fonds européens.

Si de nouvelles réformes ne sont pas mises en œuvre d’ici à août, la Roumanie pourrait perdre des milliards d’euros de fonds européens. Le politologue Sergiu Miscoiu a déclaré à l’Agence France-Presse que M. Bolojan pouvait rester en fonctions avec des ministres intérimaires pendant encore quarante-cinq jours, mais qu’il ne pourrait pas survivre au-delà sans soutien au Parlement.

Il a déploré l’irresponsabilité de la classe politique roumaine, qui va plonger le pays dans une nouvelle « crise politique ». En estimant que les atouts de la Roumanie, « sa stabilité et le fait que les forces pro-européennes avaient réussi à se regrouper et à vaincre le populisme et le nationalisme soutenus par la Russie », étaient « sacrifiés ».

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Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr