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En Chine, des aciéries à bout de souffle et des ouvriers déclassés : « Mon garçon ne reviendra plus vivre ici, c’est sale et sans avenir »

A Lingyuan, dans la province chinoise de Liaoning, entourée de monts pelés couleur sépia, la frontière entre sidérurgie et détention tient sur une route étroite. Six camps de travail, documentés par Amnesty International, y opèrent pour un sous-traitant des principaux constructeurs de camions.

Dans ces laogai, dissidents, membres de sectes bannies et criminels de droit commun fabriquent des bennes et des châssis à partir de l’acier fraîchement sorti des hauts-fourneaux locaux, tout autour.

A partir des années 1950, le pouvoir maoïste fait du Liaoning l’un de ses piliers industriels en y bâtissant des cités de l’acier, comme à Anshan, à Benxi, à Chaoyang puis à Lingyuan. Les cheminées bicolores des cokeries de cette dernière ville libèrent une vapeur lourde, blanchâtre, chargée d’une odeur de soufre et de métal oxydé. A 16 heures, en cette fin février, une marée d’ouvriers à vélo quitte l’entrée principale de Linggang, la principale aciérie de la ville, ouverte par les autorités en 1966.

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Source:

www.lemonde.fr