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Donald Trump et le vertige de la puissance : « L’imprévisibilité revendiquée par le président américain est dépassée par celle de la dynamique de la guerre elle-même »

Il est rare que l’on s’égare au cours d’une « petite excursion ». C’est pourtant ce qui menace le président des Etats-Unis. Après cinq semaines de guerre contre l’Iran qu’aucun risque immédiat ne justifiait, les scénarios initiaux montrent leurs failles. Le soulèvement populaire que devait produire la décapitation d’un régime iranien vomi par une bonne partie de son peuple ne s’est pas produit. Les intenses bombardements américains et israéliens n’ont pas permis de réduire à néant la capacité de nuisance de ce même régime, même si cette dernière est probablement très amoindrie. La démonstration de force implacable n’a pas non plus contraint les nouveaux responsables iraniens à accepter les conditions américaines pour une fin des hostilités, qui reviendrait à une reddition complète. Les Etats-Unis et l’Iran se sont seulement accordés, au soir du mardi 7 avril, sur un cessez-le-feu de deux semaines.

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Lors des deux précédentes interventions américaines dans la région, en 1991 et en 2003, les objectifs clairement définis et exposés – chasser les troupes irakiennes du Koweït, renverser le régime de Saddam Hussein à Bagdad – étaient déjà atteints ou en passe de l’être au bout de cinq semaines de combats. La nouvelle guerre suit un tout autre cours. Cette incertitude déplace toute l’attention sur Donald Trump, l’homme qui rêvait tout haut en octobre 2025 du prix Nobel de la paix, devenu fauteur de guerre cinq mois plus tard. Il soumet aujourd’hui l’économie mondiale à une déflagration dont il est le principal artificier.

Cinq semaines de guerre ont produit une dévaluation considérable de sa parole. Certes, le président des Etats-Unis pratique depuis son entrée en politique, il y a plus de dix ans, une communication où l’insulte, la contrevérité et le non-sens sont la règle. Jamais, cependant, une telle parole présidentielle n’avait été appliquée à un conflit de haute intensité aux répercussions mondiales. Et jamais ce brouillage n’a été aussi contre-productif pour Donald Trump, de communiqués de victoire hâtifs en annonces de négociations prématurées.

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Source:

www.lemonde.fr