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Comment rendre la transition écologique désirable

Livre. « Avez-vous déjà vécu en colocation ? Si c’est le cas, vous avez sans doute fait face à la situation suivante : alors même que tout le monde préférerait vivre dans un appartement propre, chacun laisse traîner ses affaires et oublie de passer le balai, si bien que la situation se dégrade rapidement. Vous êtes en colère, mais en même temps vous avez l’impression que passer vous-même la serpillière ne sert à rien si les autres ne font pas eux-mêmes un effort de propreté. » C’est avec un sens aigu de la métaphore que la chercheuse Mélusine Boon-Falleur tente de nous faire comprendre les freins à l’action pour le climat. Docteure en sciences cognitives, enseignante à Sciences Po, elle résume ses travaux de manière accessible et imagée dans Les pingouins ne sauveront pas la banquise (JC Lattès, 224 pages, 19,50 euros).

Un ouvrage qui part d’un constat simple : si la crise climatique est aussi grave que ce qu’expliquent les scientifiques, pourquoi ne sommes-nous pas en train d’agir de manière beaucoup plus déterminée ? Mélusine Boon-Falleur bat en brèche l’idée, souvent entendue ces dernières années, que notre incapacité à agir serait due à une partie de notre cerveau, qui nous empêcherait de nous projeter sur le long terme. Elle rappelle que ce sont bien les normes sociales qui structurent nos comportements. Or, des yachts des super-riches aux voyages des influenceurs, les images de réussite qui sont véhiculées par la publicité sont particulièrement destructrices pour l’environnement. Ce sont précisément ces pratiques qu’il faudrait rendre plus coûteuses et plus difficiles.

L’exemple du tabac

« Parallèlement, il s’agit de faciliter et de valoriser les comportements vertueux », souligne la chercheuse, qui cite plusieurs leviers – de la régulation aux taxes, en passant par les subventions – pour changer nos normes sociales, comme cela a pu se faire dans d’autres domaines, comme le tabac par exemple. Elle propose ainsi de taxer plus fortement la consommation ostentatoire, pour la rendre moins visible et moins désirable. La chercheuse fournit une liste d’actions possibles, qui permettent à la fois de combattre l’écoanxiété et de se mettre en mouvement, au-delà d’actions individuelles : participer à mieux informer, peser dans son entourage et dans son milieu professionnel, mettre ses compétences au service de la transition…

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Source:

www.lemonde.fr