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Cent soixante-neuf e-mails et six heures de réunion par semaine : les risques de l’« infobésité » au travail

Carnet de bureau. Arriver au travail. Rattraper les e-mails non lus la veille. Enchaîner avec un tunnel de réunions, pendant lesquelles on envoie des e-mails. Recevoir par mail, à la sortie de la réunion, un compte rendu généré par intelligence artificielle dont il faudra prendre connaissance… après avoir répondu aux e-mails reçus entre-temps. En moyenne, un salarié français reçoit 169 courriels par semaine, et en envoie 38. Il envoie aussi 110 messages sur des tchats internes, et passe six heures en réunion.

Le référentiel annuel de l’Observatoire de l’infobésité et de la collaboration numérique (OICN), publié lundi 4 mai, pose des chiffres sur la sensation de noyade subie par de nombreux salariés. Pour ce faire, la start-up Mailoop, qui aide les entreprises à mesurer leurs traces numériques, a analysé les métadonnées 2025 des outils professionnels de 29 819 travailleurs membres de neuf organisations publiques et privées faisant partie de l’observatoire (Forvis Mazars, Caisse nationale des allocations familiales, Groupe La Poste, Région Normandie…). Ce sont majoritairement des travailleurs du secteur tertiaire, issus du conseil et de l’audit et des services publics.

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Pourquoi parler d’« infobésité » ? « C’est la traduction québécoise de l’anglais “information overload”, qui existe dans la recherche depuis les années 1960, explique Suzy Canivenc, chercheuse en sciences de l’information et de la communication à Mines Paris-PSL et membre de l’OICN. On peut aussi parler de surcharge informationnelle, et cette surcharge se traduit par une hyperconnexion, avec des journées de travail qui débordent sur la vie personnelle, et une hyperréactivité, qui oblige à jongler entre tâches de fond et sollicitations permanentes. Ce qui fragmente aussi l’activité. »

Performance ou manque de respect ?

En effet, la sensation d’être interrompu en permanence empêche de se concentrer sur son cœur de métier. S’il y a peu de différence selon les secteurs d’activité, les manageurs et les dirigeants sont les premiers concernés par cette surcharge. Les manageurs passent en moyenne entre onze et quinze heures par semaine en réunion. Si l’on ajoute le traitement des e-mails et tchats au temps passé en réunion, le total atteint vingt-sept heures chez les dirigeants, dix-neuf chez les manageurs et dix chez les salariés non manageurs.

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Source:

www.lemonde.fr