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« L’émergence des chinois DeepSeek et Huawei menace la domination technologique, politique et militaire américaine »

Le monde de la finance retient son souffle. Fin 2026, OpenAI et Anthropic prévoient d’entrer en Bourse. Cet événement, qui devait venir couronner le triomphe de l’intelligence artificielle (IA) made in USA, est aujourd’hui perturbé par les nouvelles en provenance de l’empire du Milieu. La quatrième version de DeepSeek (DeepSeek V4) arrive et entend bien se hisser au niveau des modèles américains. Mais pourquoi cette annonce perturbe-t-elle tant la Silicon Valley ? L’épicentre du séisme se niche, en réalité, dans les profondeurs infrastructurelles de l’IA. DeepSeek V4 est conçu pour fonctionner sur les puces électroniques GPU du groupe chinois Huawei. Ce n’est plus un progrès, c’est une révolution !

En liant l’IA aux processeurs de Huawei, Pékin démontre sa pleine autonomie technologique et propose une alternative concrète à l’empire des « tech bros ». Face à cette offensive, OpenAI et Anthropic crient au vol et accusent la Chine de « distillation », c’est-à-dire de siphonner les réponses de ChatGPT et de Claude pour entraîner ses propres modèles.

La ruse de l’histoire est cruelle pour une industrie américaine qui a bâti sa fortune sur le pillage systématique de nos données personnelles, de nos cultures, de nos œuvres et de nos langues sans le moindre respect de la propriété privée et du droit d’auteur. De son côté, DeepSeek propose, pour sa défense, de rendre son modèle accessible en open source. Mais, si le modèle est en effet en accès libre, les données d’entraînement restent, quant à elles, sous scellés.

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Pour les Etats-Unis, le moment est critique. Le monopole des infrastructures de l’IA vacille alors qu’une opposition contre les géants de la tech gronde. Les récentes attaques ciblées contre Sam Altman, patron d’OpenAI, et les oppositions à la construction de data centers sur le sol américain témoignent d’une insurrection croissante contre le pouvoir des « tech bros ». Le hard power de Palantir [entreprise américaine cofondée par Peter Thiel] est, quant à lui, de plus en plus contesté et défié, porté par le refus de voir ses algorithmes de surveillance servir le bras armé de la police américaine de l’immigration, qui assassine impunément dans les rues de Minneapolis [deux citoyens américains ont été tués par des agents fédéraux en janvier].

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Source:

www.lemonde.fr