Après plusieurs jours de silence, au Cameroun, les autorités donnent leur version au sujet des violences meurtrières survenues dimanche 26 avril 2026 dans un village du département de Bui dans la région anglophone du Nord-Ouest. Les acteurs de la société civile s’inquiètent des informations qui remontent du terrain, faisant état d’au moins 15 morts civils. Selon un communiqué du ministère de la Défense, 14 personnes ont été tuées et toutes seraient membres de groupes armés séparatistes.
Publié le : 01/05/2026 – 17:00
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Au Cameroun, la communication du ministère de la Défense fait état d’une « importante opération de ratissage » menée dans le village de Ndzerem-Nyam, dans l’arrondissement de Jakiri, « aux premières heures de la journée » de dimanche 26 avril 2026. L’intervention aurait été lancée sur la base de « renseignements » fournis par la population.
Selon le communiqué officiel, l’objectif des forces de défense et de sécurité était de « neutraliser de dangereux terroristes de diverses factions », réunis sous le commandement d’un chef présenté comme le « Général Capo ». Le ministère ne précise pas s’il s’agissait, ou non, du Bataillon d’intervention rapide (BIR) qui a été engagé dans l’opération.
Toujours selon cette déclaration officielle, les séparatistes, décrits comme lourdement armés, auraient ouvert un feu nourri sur les militaires, qui ont riposté de manière « appropriée et professionnelle ».
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Un bilan officiel qui est contesté
Le bilan communiqué fait état de 14 morts : 11 hommes et trois femmes, présentés comme des combattants ou des logisticiennes du « Général Capo ». Les forces de sécurité affirment également avoir saisi des armes de guerre, des « engins explosifs improvisés » ainsi que 38 motocyclettes « ayant convoyé les terroristes participants sur le site saisi ». Le communiqué mentionne par ailleurs l’arrestation d’un adolescent de 16 ans, présenté comme son garde du corps, ainsi que celle de sa compagne.
Il rajoute par ailleurs que « les Forces de Défense et de Sécurité restent déterminées à intensifier les opérations de recherche et de neutralisation des hors-la-loi ».
En l’absence d’enquête indépendante, cette version est la seule officielle. Depuis dimanche, plusieurs sources locales et des organisations de la société civile affirment qu’au moins 15 civils ont été tués à Ndzerem-Nyam et que plusieurs personnes sont portées disparues.
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Source:
www.rfi.fr

