Cinq ans de prison pour avoir brûlé des drapeaux chinois. Lundi 13 avril, un tribunal kazakh a condamné 19 personnes ayant participé à une manifestation dénonçant l’influence chinoise sur ce pays d’Asie centrale et la répression des minorités musulmanes, dans la région du Xinjiang, en Chine, où sont internés des Ouïgours mais aussi de nombreux Kazakhs de Chine.
Lors de ce rassemblement pourtant pacifique, organisé en novembre 2025 dans l’est du Kazakhstan, près de la frontière avec la Chine, les participants avaient brûlé des drapeaux chinois et un portrait du président Xi Jinping. Pour ce geste symbolique, ils ont été reconnus coupables d’« incitation à la haine ethnique » par le tribunal de Taldykorgan, à l’issue d’un procès à huis clos ouvert en janvier 2026.
Neuf des militants ont été condamnés à cinq ans de prison, et deux femmes ayant des mineurs à charge ont été condamnées à des peines avec sursis. Les autres prévenus ont également été reconnus coupables, mais sans qu’une peine soit prononcée à leur encontre.
« Une décision illégale, injuste et partiale »
« Ils ont non seulement été condamnés à des peines sévères, mais aussi à une décision illégale, injuste et partiale », déclare au Monde l’un des avocats des 19 accusés, Shynkouat Baïjanov. Selon lui, les faits ne relèvent pas de l’infraction d’incitation à la haine interethnique : « Ils n’ont pas dit un seul mot contre le Tibet ou contre les 56 nationalités de Chine. Ils ont adressé toutes leurs revendications aux autorités chinoises ; cela ne constitue pas un délit à ce titre », plaide l’avocat, qui a précisé préparer un appel.
Il vous reste 63.83% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr

