Annonce publicitairespot_img
AccueilCultureLivres & LittératureFrançois Hercouët : « Les périodes de crise sont propices à la...

François Hercouët : « Les périodes de crise sont propices à la résurgence de lectures de l’imaginaire »

 

Livres Hebdo : Vous lancez Astrolabe, une nouvelle maison d’édition au sein de Média Participations, animée par l’équipe d’Urban Comics. Pourquoi ne pas simplement développer une nouvelle ligne dans cette dernière ?

François Hercouët : Ce lancement est issu de longues et profondes réflexions en interne depuis au moins quatre ans. Une des raisons de créer une autre maison est qu’Urban est très associée au rayon comics par les libraires. Même si on va retrouver au catalogue d’Astrolabe des artistes internationaux publiés chez Urban Comics, il était intéressant de travailler une nouvelle identité.

Pourquoi axer votre ligne éditoriale autour des récits de genre et de l’imaginaire ?

Déjà parce qu’avec les éditeurs Sarah Chantepie et Thierry Fraysse, les récits de genre correspondent à nos goûts, et que nous les travaillons au quotidien avec Urban. De plus, aucun éditeur BD ne se revendique vraiment comme spécialisé dans le genre et, alors que la tendance de ces dernières années était au roman graphique, au documentaire ou à l’adaptation littéraire, nous avons l’agréable impression d’aller un peu à contrecourant. Enfin, je sais que les périodes de crise sont aussi propices à la résurgence de lectures de l’imaginaire : nous avons tous besoin d’évasion, mais sans se chloroformer. On s’inscrit dans la mouvance du renouveau du genre dans le cinéma français, ou dans l’esprit du label Vertigo aux États-Unis dans les années 1990 qui s’adressait à des lecteurs adultes avec des problématiques sociétales abordées via la SF ou le fantastique.

Astrolabe donne effectivement un peu l’impression de rejouer une partition analogue à la BD de divertissement française en vogue à la fin des années 1990. Est-ce pour séduire le lectorat de cette génération, qui a le plus fort pouvoir d’achat ?

Je ne sais pas, mais les premières présentations aux représentants et aux libraires ont suscité un enthousiasme dont la force nous a surpris. Comme si notre proposition était vraiment espérée. Quand un nouvel éditeur arrive, on attend qu’il propose quelque chose de nouveau. C’est notre ambition, mais j’assume avoir grandi avec des maisons comme Delcourt, qui s’était lancée avec ses collections très identifiées dans un genre – Neopolis pour la SF, Terres de légendes en fantasy… Astrolabe reprendra un peu ce principe-là. À nous de montrer qu’on peut aussi surprendre dans ce registre et proposer autre chose qu’un simple divertissement.

Quel sera votre rythme de publication ?

Nous visons 6 à 8 titres par an, en évitant d’encombrer la période des fêtes.

Vous allez publier à l’automne un ouvrage collectif d’histoires courtes. Voilà qui est bien plus atypique.

Ce sera un peu notre manifeste créatif, le lieu de rencontres entre des auteurs européens et des auteurs internationaux habitués de la scène américaine. L’idée est de créer des binômes d’auteurs et de leur faire créer une histoire de 8 pages dans un genre précis, autour d’un thème imposé. Pour ce premier ouvrage, le thème sera « le phare ». En travaillant sur ces « mariages » d’auteurs, on perçoit l’impact de la culture comics chez les Européens. Qui sait si ces associations ne donneront pas des projets plus ambitieux par la suite ?

Des auteurs français et internationaux

Le premier titre d’Astrolabe, Pourpre Sang (7 mai) est signé par Léo Chérel. Formé à l’école Pivaut à Nantes, l’auteur propose le premier tome d’un diptyque. D’autres projets suivront, notamment avec des auteurs internationaux reconnus comme Matteo Scalera et Sean Murphy. En octobre 2026 paraîtra également Le Phare, une anthologie réunissant huit équipes artistiques composées d’un auteur français et d’un auteur international.


Source:

www.livreshebdo.fr