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Dernière ligne droite pour les astronautes d'Artemis II qui se rapprochent de la Lune

Les astronautes de la mission Artemis II ont amorcé lundi 6 avril à 4 h 42 GMT la dernière ligne droite avant leur vol autour de la Lune en entrant dans la « sphère d’influence lunaire », où l’attraction gravitationnelle de l’astre prend le dessus sur celle de la Terre, a annoncé la Nasa.

Cette force gravitationnelle va les rapprocher de l’astre et les faire le contourner, avant de donner l’élan nécessaire à leur vaisseau pour le renvoyer sans propulsion supplémentaire vers notre planète.

Ce sera l’apogée de leur mission : les quatre astronautes d’Artemis II seront lundi les premiers humains à voler autour de la Lune depuis 1972, un survol accompli de surcroît pour la première fois de l’Histoire par une femme et par un astronaute noir. Ils ne se poseront pas sur la Lune mais cela n’en demeurera pas moins historique car toutes les missions Apollo (1968-1972) avaient emmené exclusivement des hommes blancs américains, en général ex-militaires.

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Sept heures autour de la Lune

Dans toute l’histoire de l’exploration spatiale, aucun Russe ni Chinois ne s’est aventuré au-delà de 400 km de la Terre, la distance jusqu’aux stations en orbite terrestre. Seules des sondes sont revenues observer la Lune.

Pendant sept heures, à partir de 18 h 45 GMT, la Lune sera plein cadre dans le hublot du vaisseau Orion. L’astre apparaîtra aux astronautes à bord aussi grand qu' »un ballon de basket tenu à bout de bras », décrit à l’AFP Noah Petro, responsable du laboratoire de géologie planétaire de la Nasa.

Sur la route, l’équipage a déjà pu entrevoir des portions de la face cachée de la Lune, l’hémisphère situé en permanence du côté opposé à la Terre, qui n’avaient jusqu’ici jamais été observées directement par l’œil humain. Parmi eux, le bassin Orientale « parfois surnommé le Grand Canyon de la Lune », s’est enthousiasmée l’astronaute Christina Koch à bord. « Aucun œil humain n’avait vraiment vu ce cratère jusqu’à aujourd’hui, quand nous avons eu le privilège de le voir. »

Image tirée du flux de la Nasa et montrant les quatre membres d’équipage d’Artemis 2, le 3 avril 2026. © Nasa TV via AFP

Notes et photographies

Lors de son survol de la Lune, qui sera retransmis en direct – à l’exception de 40 minutes de coupure attendue –, le quatuor d’aventuriers devrait réaliser de précieuses observations à l’œil nu. Tous ont été formés pendant plus de deux ans à étudier les formations géologiques et à les décrire, et leurs notes et photographies devraient permettre d’en apprendre plus sur la géologie et l’histoire de notre satellite naturel.

Si les pionniers d’Apollo étaient passés à une altitude de 110 kilomètres, Artemis 2 restera bien plus loin, à environ 6 500 kilomètres du sol en raison de sa trajectoire. À cette distance, les astronautes bénéficieront d’une vue du disque complet de la lune, y compris la région des pôles.

La Terre vue à travers le hublot du vaisseau spatial Orion et prise en photo par l'astronaute Reid Wiseman, commandant d'Artemis 2, le 2 avril 2026.

La Terre vue à travers le hublot du vaisseau spatial Orion et prise en photo par l’astronaute Reid Wiseman, commandant d’Artemis 2, le 2 avril 2026. © Reid Wiseman, Nasa via AFP

Entre direct YouTube, photos prises à l’iPhone et interviews télévisées accordées depuis l’espace, la Nasa cherche à embarquer le public dans cette nouvelle odyssée lunaire.

Le monde a ainsi pu suivre à distance les problèmes d’e-mails et de toilettes rencontrés par les astronautes, tout comme leurs séances de sport et repas partagés.

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Dimanche à 11 h 45 GMT, un moment sans activité notable, plus de 70 000 personnes suivaient ainsi le direct YouTube de l’agence spatiale américaine.

Préparer les futures missions vers Mars

« L’engouement du public a été spectaculaire », a réagi dimanche Lori Glaze, haute responsable de la Nasa, lors d’une conférence de presse, expliquant s’attendre à un « nouveau pic » d’intérêt lundi. Si elle espère inspirer les nouvelles générations à l’occasion de ce survol, cette étape visera avant tout à s’assurer que tout est en ordre pour permettre un retour des Américains sur le sol lunaire dans les prochaines années afin d’y établir une base et de préparer de futures missions vers Mars.

« Nous allons en apprendre énormément sur le vaisseau spatial », a souligné dimanche le patron de la Nasa, Jared Isaacman, sur CNN. « C’est ce qui nous intéresse le plus en termes de données », a-t-il poursuivi, rappelant que la capsule Orion en question n’avait jusque-là transporté aucun être humain.

La Nasa ambitionne un alunissage en 2028, c’est-à-dire avant la fin du mandat de Donald Trump et la date fixée par les rivaux chinois pour marcher sur la Lune. Mais les experts s’attendent à de nouveaux reports, les alunisseurs développés par les entreprises des milliardaires Elon Musk et Jeff Bezos n’étant toujours pas prêts.

Avec AFP


Source:

www.france24.com