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« On leur demande d’être à la fois la Madone et la putain » : la photographe Philippa James dévoile le quotidien de sa fille ado sur les réseaux sociaux

La série « Once a Slag… » (« Salope un jour… »), de la photographe britannique Philippa James, naît, en 2022, d’une observation personnelle : celle de sa fille et de ses amies (âgées de 14 ans au début du travail), immergées dans une culture visuelle dominée par le smartphone. Loin d’une mise en scène dirigée, Philippa James a choisi de capter leur quotidien, fait de vidéos TikTok, de selfies et d’échanges incessants. Elle décrit une énergie « frénétique », difficile à suivre, où l’image devient avant tout un mode de communication immédiat.

Au fil de son enquête, qui a reçu le prix Lens Culture Emerging Talent 2024, la photographe met au jour une tension née de l’injonction d’être désirable et des mécanismes de stigmatisation qui l’accompagnent. « D’un côté, apparaître belle et désirable est présenté comme une source de pouvoir et de validation, explique-t-elle. De l’autre, elles sont culpabilisées, sommées de se couvrir, de se restreindre. » Une contradiction qu’elle résume en une formule : « On leur demande d’être à la fois la Madone et la putain. »

L’artiste s’attarde longuement sur la dimension sombre de cet univers adolescent, marqué par le sexisme et le harcèlement en ligne. Grâce à ses images, la photographe cherche aussi à capter la joie et la liberté de ces moments de complicité adolescente, tout en interrogeant les regards qu’ils suscitent. Elle évoque ainsi un « triangle des regards » : celui de la jeune fille qui performe, celui de la mère photographe et celui du spectateur, qui rend la lecture de ces scènes à la fois séduisante et inconfortable.

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Source:

www.lemonde.fr