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1er-Mai en France: maintien du pouvoir d’achat sur fond de reprise de l’inflation au cœur des manifestations

Trois cent vingt manifestations étaient prévues en ce 1er-Mai dans toute la France, avec un peu plus de 300 000 personnes qui ont manifesté, selon la CGT, 158 000 selon la police. Un 1er-Mai, sous le signe de la lutte pour le maintien du pouvoir d’achat sur fond de reprise de l’inflation et alors que les prix de l’énergie explosent, avec une hausse des prix du gaz de plus de 15 % ce 1er mai.  

Publié le : 01/05/2026 – 20:51Modifié le : 01/05/2026 – 20:51


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Entre 158 000 personnes selon la police, et plus de 300 000 selon la confédération syndicale CGT, ont défilé en France. Une participation au niveau national conforme à celle de l’année passée pour ce 1er-Mai qui tombait un vendredi et pendant les vacances scolaires de certaines régions françaises. À Paris, où des slogans dénonçaient aussi la guerre en Iran, la mobilisation a été moindre qu’en 2025 : de 24 000 selon la police à 100 000 selon la CGT (contre 32 000 l’année dernière, selon les autorités).

« Ce n’est pas le vol du 1er-Mai qu’il faut mettre à l’ordre du jour du Parlement. C’est un grand plan pour l’augmentation des salaires », a estimé la numéro un de la CGT Sophie Binet, à côté de Marylise Léon, son homologue pour la CFDT, en tête du cortège parisien.

La dirigeante de la CGT a demandé vendredi dans une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu une hausse du Smic de 5 % et une indexation des salaires sur les prix. La secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon réclame une augmentation du Smic en raison de l’inflation mais aussi « des négociations dans les différentes branches professionnelles ».

C’est un scandale absolu que je connais, que l’on connaît. Voilà, cet écart de plus en plus grand entre les salaires, entre les dividendes distribués par le capital à ses actionnaires et la paupérisation de la population (…) C’est intolérable. Et aujourd’hui, les gens le ressentent chaque jour à la pompe, quand ils voient les prix qui montent et qui doivent payer super cher pour aller travailler, alors que les dirigeants et les actionnaires de Total engrangent des profits monstrueux. Donc voilà, c’est une occasion de revenir là-dessus et si on décide collectivement qu’on veut taxer les superprofits, on pourra les redistribuer à tout le monde et aussi changer la société pour, de manière générale, valoriser plus le travail et moins les actionnaires.

Paroles de manifestants: «L’idée, ce serait aussi de revaloriser les salaires, de remonter le SMIC et d’obliger les patrons à payer plus les salariés»

Tanita Fallet

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La grande majorité des 308 cortèges se sont déroulés pacifiquement. À Nantes, où 4 000 personnes ont défilé, un policier a toutefois été blessé au visage lors d’incidents, selon la police, et à Lyon, où la préfecture a décompté 6 500 manifestants (12 000 selon la CGT), quatre personnes ont été interpellées. À Toulouse, entre 5 500 personnes (police) et 12 000 (CGT), ont manifesté « pour nos salaires, pour nos retraites, contre l’extrême droite et pour la paix », selon la banderole de tête. À Marseille, les autorités ont décompté 3 400 manifestants.

Les salaires sont tirés vers le bas parce que le capital profite, les riches, les milliardaires…

Reportage dans la manifestation à Paris

Tanita Fallet

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Des boulangers et des fleuristes veulent ouvrir le 1er-Mai

Le 1er-Mai, fête des travailleurs, est un jour férié et chômé en France. Certaines entreprises ont le droit de faire travailler leurs salariés. Officiellement, ce n’est pas le cas des boulangeries et des fleuristes : depuis plusieurs semaines, le débat sur l’élargissement de l’autorisation à ces commerces agite une partie de la classe politique.

Alors en attendant un possible futur changement du cadre légal concernant leurs salariés, les patrons de boulangeries sont en tout cas nombreux à avoir ouvert boutique ce vendredi. Bill tient une toute petite boulangerie sur un boulevard animé du nord de Paris. En ouvrant aujourd’hui, il pensait être le seul dans le quartier et limiter les pertes d’argent, en attirant la clientèle qui trouverait rideau fermé ailleurs. Malheureusement son concurrent direct, sur le trottoir d’en face à eux la même idée.

Généralement tous les 1ᵉʳ-Mai, nous sommes ouverts. Personnellement, moi, en tant que patron, je suis ouvert ici et c’est une journée qui nous rapporte. Cette année, on a décidé aussi d’ouvrir et je vois que notre collègue en face, il a ouvert aussi. C’est par nécessité, tout simplement. Déjà en semaine, on ne travaille pas assez. C’est pour ça qu’on a ouvert, qu’on a décidé d’ouvrir pour ne pas perdre en chiffre. Il y a beaucoup de charges et on a un loyer un peu élevé. On a la marchandise qui n’arrête pas d’augmenter. La farine de tout, le sucre, la farine, les œufs, le tout. C’est un manque à gagner pour nous surtout.

Bill, boulanger ouvert le 1er-Mai : «C’est par nécessité»

Amélie Beaucour

Pour montrer leur soutien aux boulangers qui veulent faire travailler leurs salariés – une tolérance selon le gouvernement en ce 1er-Mai, sous réserve de volontariat et de salaire doublé –, Sébastien Lecornu s’est rendu dans une boulangerie en Haute-Loire et Gabriel Attal est brièvement passé derrière le comptoir d’une autre à Vanves, près de Paris.

 « Les responsables politiques qui vont dans une boulangerie, ça fait partie d’une politique-spectacle dont on n’a pas besoin aujourd’hui. On a besoin de donner à voir ce qu’est la réalité d’un salarié en boulangerie », a commenté la dirigeante de la CFDT, Marylise Léon.

La « cacophonie gouvernementale a laissé libre à la délinquance patronale », a dénoncé la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, interrogée sur l’ouverture de commerces en ce 1er-Mai, peu avant le départ de la manifestation parisienne. « Ce n’est pas le vol du 1er-Mai qu’il faut mettre à l’ordre du jour du Parlement. C’est un grand plan pour l’augmentation des salaires », a-t-elle expliqué alors que le gouvernement veut modifier la loi pour permettre aux artisans boulangers et fleuristes de faire travailler leurs salariés ce jour-là, ce que nombre d’entre eux le font déjà.

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Source:

www.rfi.fr