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« Yellow Letters », une mise en lumière des vies brisées des intellectuels turcs réprimés : « Du jour au lendemain, tu deviens un indésirable aux yeux de la société. Certains ne l’ont pas supporté et il y a même eu un suicide »

« Je suis complètement sonnée », lâche Acun Karadağ, 57 ans, à la sortie d’un cinéma d’art et d’essai du quartier de Kızılay, dans le centre d’Ankara. Emmitouflée dans un manteau ­d’hiver, elle tire de longues bouffées sur sa cigarette et tente de rassembler ses idées. « Dans plusieurs scènes, j’ai reconnu nos slogans et nos dossards de grève », se lance-t-elle.

Récompensé le 21 février par l’Ours d’or du meilleur film de la Berlinale 2026, Yellow Letters, réalisé par le cinéaste allemand d’origine turque İlker Çatak, suscite une émotion toute particulière dans les cercles enseignants et universitaires en Turquie, où il est sorti en salle le 27 mars. Le scénario s’inspire en effet de l’histoire de plusieurs milliers d’intellectuels turcs limogés entre 2016 et 2018 pour leur engagement politique.

En janvier 2016, une pétition signée par plus de 2 000 universitaires, intitulée « Nous ne serons pas complices de ce crime ! », accusait l’Etat de violation des droits humains dans le Sud-Est kurde, après la reprise des violences entre les forces armées turques et l’organisation armée du Parti des travailleurs du Kurdistan (classé comme organisation terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux).

Plus de 28 000 professeurs licenciés

Cette initiative avait suscité le courroux du président Recep Tayyip Erdoğan, qui avait accusé les signataires de « trahison », quelques jours après la publication du texte. Dans la foulée de la tentative de putsch ratée du 15 juillet 2016, la répression s’était abattue sur eux. L’état d’urgence laissait les coudées franches aux autorités pour qu’elles règlent leurs comptes avec leurs opposants, qu’ils soient membres de la confrérie de Fethullah Gülen (le prédicateur, mort en exil en 2024, accusé d’avoir fomenté le coup d’Etat) ou issus des milieux de gauche proches du mouvement kurde.

Au total, plus de 28 000 professeurs, tous niveaux confondus, avaient été licenciés, accusés d’entretenir des liens avec des organisations considérées comme terroristes.

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Source:

www.lemonde.fr