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Voici comment certains champignons peuvent déclencher la pluie selon une nouvelle découverte scientifique

Cette découverte a eu lieu au début de l’année 2025, et si vous êtes passé à côté, elle mérite vraiment qu’on s’y attarde. Des scientifiques de Virginia Tech ont publié leurs travaux dans la revue Science Advances le 11 mars 2026, révélant qu’un gène bactérien ancestral permet à certains champignons de produire des protéines capables de faire geler l’eau, et potentiellement d’influencer les précipitations à l’échelle planétaire.

Un gène bactérien au cœur du mystère fongique

Tout commence avec un mécanisme connu des microbiologistes : la nucléation de glace. Certaines bactéries possèdent des protéines membranaires qui font cristalliser l’eau à des températures relativement élevées, autour de -5 °C seulement. C’est le cas de Pseudomonas syringae, une bactérie pathogène du maïs, dont les protéines glaciogènes aident à perforer les tissus végétaux pour libérer des nutriments.


Le réchauffement climatique met en danger la relation symbiotique des arbres avec les champignons

Poussée par le réchauffement climatique, la biodiversité se déplace. Les animaux, mais aussi les plantes. Et même les arbres. Mais les champignons dont ils ont impérativement besoin pour survivre les suivront-ils ? Des chercheurs s’en inquiètent. Pour mieux comprendre pourquoi, nous avons interrogé Marc-André Selosse, mycologue au Museum d’Histoire Naturelle…. Lire la suite

Mais des champignons font la même chose. Ce qui intriguait les chercheurs, c’est qu’on ignorait totalement comment. Boris Vinatzer, microbiologiste à Virginia Tech et coauteur de l’étude, résume l’état d’esprit de l’équipe : « On voulait simplement comprendre comment ça fonctionne ».

 

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Les chercheurs ont découvert le mécanisme par lequel certains champignons peuvent déclencher la pluie. © Juan Pablo Delgado Palomo, iStock

Son équipe a analysé les génomes de deux souches de champignons de la famille des Mortierellaceae. Ils cherchaient un gène codant une protéine secrétée dans l’environnement (et non fixée à la cellule fongique), d’une taille connue approximativement. Ce qu’ils ont trouvé les a surpris : le gène candidat était presque identique à InaZ, un gène bactérien bien connu. Pour valider, ils ont transféré ce gène fongique dans une cellule de levure. Résultat : la levure a acquis la capacité de produire de la glace.

Alloteropsis est un genre d'herbe de la famille des poacées. © J.M. Garg, Wikipédia, cc by 3.0

Des gènes peuvent passer d’une plante à une autre

Des espèces de plantes éloignées génétiquement qui s’échangent des gènes, on appelle cela un transfert horizontal et ce phénomène vient d’être mis en évidence chez des graminées. Comme l’explique à Futura-Sciences Guillaume Besnard, coauteur de l’étude, des espèces du genre Alloteropsis ont reçu des gènes conférant une forme de photosynthèse adaptée à leur milieu. Une sorte de raccourci évolutif qui pourrait alimenter les craintes devant les OGM…. Lire la suite

Ce transfert de matériel génétique entre organismes distants porte un nom : le transfert horizontal de gènes. Il s’agit d’un phénomène par lequel un organisme intègre de l’ADN provenant d’une autre espèce, sans reproduction. Il y a probablement des millions d’années, un champignon ancêtre a ainsi « emprunté » ce gène à une bactérie voisine, et l’a conservé au fil des générations.

Pluie, lichens et ensemencement des nuages : les implications concrètes

Pourquoi ce gène a-t-il été conservé ? Vinatzer et son équipe avancent plusieurs hypothèses :

Chez les lichens (associations symbiotiques entre champignons et algues vivant sur des rochers ou des arbres), les protéines glaciogènes pourraient capter l’humidité atmosphérique pour former du givre le matin, qui fondrait ensuite et fournirait de l’eau au cours de la journée.Dans les nuages, ces protéines secrétées par les champignons pourraient servir de noyaux de condensation, déclenchant la formation de cristaux de glace qui grossissent jusqu’à tomber sous forme de pluie ou de neige.

Différentes sortes de lichens. © Jacinta Iluch Valera, CC by-nc 2.0

Dossier – Les lichens : témoins de la pollution atmosphérique

Les lichens sont des organismes symbiotiques associant un champignon à une algue. Ils sont utilisés depuis plusieurs décennies pour évaluer la qualité de l’air. Tentons de comprendre pour quelles raisons ces organismes vivants sont de bons témoins de la pollution atmosphérique…. Lire la suite

C’est là que l’enjeu climatique devient spectaculaire. Pseudomonas syringae est déjà connue pour participer au cycle de l’eau via ce mécanisme. Or, un seul champignon peut sécréter de très nombreuses protéines, chacune agissant comme un noyau de glace indépendant. Vinatzer estime donc que les champignons pourraient surpasser les bactéries dans leur influence sur les précipitations.

La retombée pratique est immédiate : l’ensemencement artificiel des nuages utilise aujourd’hui de l’iodure d’argent, un composé chimique toxique. Ces protéines fongiques pourraient représenter une alternative organique et inoffensive, à condition d’apprendre à les produire à large échelle.

La prochaine frontière pour Vinatzer et son équipe : comprendre précisément pourquoi ce mécanisme a évolué, et mesurer la véritable contribution des champignons aux précipitations mondiales.


Source:

www.futura-sciences.com

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