Dans notre corps, la vitamine D est apportée de deux façons différentes. Une partie est synthétisée par l’organisme au niveau de la peau, sous l’action des rayons ultraviolets (UV), puis mise en réserve au niveau du foie, des muscles et du tissu adipeux pour être utilisée lors des périodes hivernales par exemple, puisqu’en hiver, notre taux de vitamine D naturel chute fatalement avec l’amoindrissement des rayons ultraviolets.Une autre manière d’apportée de la vitamine D à notre organisme se fait via l’alimentation avec des produits d’origine animale et des produits gras. De nombreuses personnes cherchent aussi à se supplémenter en vitamine D durant les longs mois d’hiver pour éviter une insuffisance, voire une carence. Mais qu’en est-il au printemps ? Doit-on continuer à en prendre ou au contraire arrêter avec l’arrivée des beaux jours ?
L’exposition au soleil du printemps suffit-elle à couvrir nos besoins en vitamine D ?
Selon la diététicienne et nutritionniste Clara Ledoux Morvan, « au printemps, le taux de Vitamine D commence progressivement à remonter grâce à l’augmentation de l’ensoleillement ». Le phénomène de « synthèse cutanée reprend car les UVB deviennent à nouveau suffisants pour stimuler la production de vitamine D par la peau ». Cette remontée est néanmoins lente, alerte la diététicienne.
En pratique, l’exposition au soleil du printemps ne suffit donc pas à couvrir entièrement et assez rapidement nos besoins en vitamine D et ce pour plusieurs raisons :
l’intensité des UVB reste variable selon les régions, la météo et les horaires d’exposition ;
notre mode de vie limite fortement l’exposition réelle au soleil du printemps : travail en intérieur, vêtements couvrants, usage de protection solaire.
Clara Ledoux Morvan recommande donc de « s’exposer environ 15 à 20 minutes tous les jours » de manière intentionnelle, « non seulement pour la synthèse de vitamine D, mais aussi pour réguler notre horloge biologique. La lumière naturelle joue un rôle clé dans la synchronisation du rythme veille-sommeil et favorise un meilleur endormissement le soir ». La nutritionniste précise qu’exposer son visage et ses avant-bras découverts suffit.
Les compléments de vitamine D ont-ils un réel intérêt au printemps ?
Si vous vous supplémentez déjà en vitamine D pendant l’hiver, « il n’est pas recommandé d’arrêter systématiquement la supplémentation au printemps », informe la diététicienne. Nous le savons maintenant, « l’exposition solaire reste insuffisante et irrégulière » au printemps.
Se supplémenter en vitamine D requiert en revanche une stratégie précise au cas par cas. Cette stratégie doit avant tout « s’appuyer sur un dosage sanguin », puis adapter la supplémentation en fonction. « Le dosage sanguin de la 25 (OH) vitamine D permet d’évaluer précisément les réserves et d’ajuster la dose si nécessaire ».
Ainsi, une personne en insuffisance ou en carence peut choisir soit :
de poursuivre une prise toute l’année ;
de limiter la période d’octobre à avril si les taux sont redevenus satisfaisants.
L’hypervitaminose D : les risques d’une sur-supplémentation
La supplémentation en vitamine D reste globalement un processus sûr lorsqu’il est contrôlé dans le cadre d’un suivi médical. En revanche, se supplémenter en vitamine D sans suivi n’est pas anodin.
Quelles populations sont les plus à risque de carence en vitamine D ?
De l’autre côté de la balance, « certains types de population sont plus à risques de carence en vitamine D », informe Clara Ledoux Morvan. Il s’agit :
des personnes peu exposées au soleil (travail en intérieur, personnes âgées, institutionnalisées) ;
des personnes à la peau foncée, dont la synthèse cutanée est moins efficace ;
des personnes en surpoids ou obèses car la vitamine D vient se stocker dans le tissu adipeux à la place ;
des femmes enceintes ou allaitantes ;
des personnes souffrant de pathologies digestives liées à une malabsorption des nutriments par l’organisme ;
des personnes vivant dans des régions peu ensoleillées.
Et pour être réaliste, « une grande partie de la population française présente des taux insuffisants », prévient la diététicienne.
Pour ces personnes à risque, une supplémentation à l’année peut être pertinente, dans le cadre d’un suivi médical avec « un à deux dosages sanguins par an pour vérifier que les taux restent dans une zone optimale et éviter tout risque de surdosage ».
Le choix d’apporter de la vitamine D à travers l’alimentation
Au-delà des compléments alimentaires, la nourriture reste la première source de nutriments dont le corps humain a besoin, et est donc toujours une bonne option en cas d’insuffisance ou de carence.
Il existe certains aliments naturellement riches en vitamine D, même s’ils sont peu nombreux. On retrouve principalement :
Vous manquez d’idées pour vos repas printaniers ? Voici quelques recettes riches en vitamine D :
Sources
Entretien ce vendredi 3 avril 2026 avec Clara Ledoux Morvan, diététicienne et nutritionniste.
Source:
www.santemagazine.fr

