« Je ne souhaite pas revoir cette séquence. » Ce matin d’avril, dans les locaux de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) où elle vient d’être placée en garde à vue, Tiffany M. connaît déjà la vidéo que lui présente l’enquêteur – avec « la fonction zoom au cas où vous ne verriez pas la même chose », précise-t-il. La même scène se joue dans trois autres bureaux adjacents, où sont aussi entendus ses trois collègues de la brigade anticriminalité (BAC) de nuit de Noisiel (Seine-et-Marne).
Les vidéos amateurs qui leur sont présentées, largement diffusées sur les réseaux sociaux, montrent l’intervention de ces quatre policiers, le 16 mars au soir, dans le centre de Noisiel. On y voit deux personnes essuyer des coups au sol, dont l’une après avoir été visée par un tir de lanceur de balles de défense (LBD). Flavel, 35 ans, qui préfère utiliser son nom d’artiste et dont Le Monde avait recueilli le témoignage, et Dylan (le prénom a été changé), 15 ans, avaient porté plainte dans la foulée pour ces violences.
Ces gardes à vue ont constitué le point final d’une enquête express, menée par le procureur de la République de Meaux (Seine-et-Marne), Jean-Baptiste Bladier, à laquelle la « police des polices » a consacré des moyens notables. Au cours de leurs auditions, dont Le Monde a pris connaissance, les agents ont tenté d’expliquer les circonstances de leur intervention, sans toutefois convaincre. A l’issue, le magistrat a renvoyé trois policiers devant le tribunal correctionnel en septembre et les a placés sous contrôle judiciaire d’ici-là.
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Source:
www.lemonde.fr

