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Travail le 1ᵉʳ-Mai : le texte autorisant le recours à des salariés scandalise les syndicats ; le premier ministre dit ne pas avoir « l’intention de convoquer la CMP à ce stade »

La proposition de loi prévoyant d’étendre le travail le 1er-Mai a provoqué, depuis vendredi, la colère des syndicats, dont la CGT, qui s’oppose à la convocation d’une commission mixte paritaire. Sa secrétaire générale, Sophie Binet, a réclamé, lundi 13 avril, des « actes forts et clairs » du gouvernement, en amont d’une réunion prévue à 18 heures entre le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, et les syndicats.

L’objectif de cette réunion est, selon Matignon, de travailler à « un périmètre très précis des commerces concernés par une ouverture au travail le 1er-Mai ». Vivement dénoncée par les syndicats, la proposition de loi portée par l’ancien premier ministre, Gabriel Attal, doit permettre le travail de salariés ce jour férié dans des commerces de bouche de proximité comme les boulangeries, les pâtisseries, les primeurs, les boucheries, les fleuristes, mais aussi dans des établissements culturels (les cinémas, les théâtres).

Grâce à une motion de rejet tactique votée, vendredi, par ses défenseurs à l’Assemblée nationale pour accélérer la navette parlementaire, le texte doit désormais être examiné en commission mixte paritaire (CMP). Alors que le gouvernement avait l’intention de convoquer mardi cette instance parlementaire – réunissant sept députés et sept sénateurs –, Matignon a fait savoir lundi matin que le premier ministre « n’a pas l’intention de convoquer la CMP à ce stade ». M. Lecornu « attend le résultat de la réunion de ce soir » entre M. Farandou et les syndicats. « Cela rend d’ailleurs improbable sa convocation pour demain dans la précipitation », a ajouté Matignon.

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« C’est très grave »

« Ce qui s’est passé vendredi est inacceptable », a estimé Sophie Binet sur RTL, dénonçant un « tour de passe-passe parlementaire » organisé « pour nous voler le 1er-Mai » et une proposition de loi « basée sur une série de mensonges éhontés ». « Ce soir, il faut des actes très forts et très clairs », a prévenu la secrétaire générale de la CGT, précisant qu’elle assisterait à cette réunion. « L’acte, c’est ne pas convoquer la commission mixte paritaire et [de] s’en remettre à la démocratie sociale, parce qu’on ne peut pas s’attaquer à une question comme celle du 1er-Mai en passant en force de cette manière-là. »

« Elle est où, l’urgence ? », a-t-elle poursuivi. Selon Mme Binet, le 1er-Mai est « une journée exceptionnelle par sa nature, et elle doit le rester ». Si elle concède qu’on peut « peut-être remettre des choses en ordre », elle estime que « la loi est très claire : le 1er-Mai, ce qui peut ouvrir, c’est ce qui ne peut, par la nature de l’activité, être arrêté. »

Le texte suscite également des remous à gauche, où le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a menacé, dimanche, le gouvernement d’une motion de censure déposée avec les autres groupes de gauche.

« Si le gouvernement persiste et signe, c’est très grave, sur le fond, mais aussi sur la forme », a estimé Sophie Binet. « Ce que nous voulons, ce dont nous avons besoin, [ce sont] des réponses sur nos salaires, sur les licenciements qui se multiplient, sur les prix de l’énergie. Voilà ce qu’on attend », a-t-elle ajouté.

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Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr