Dans un vomissement de flammes et d’étincelles, la vénérable presse hydraulique Schloemann – datant de 1942 – écrase de ses 4 000 tonnes de poussée un billot de métal incandescent pour former un disque qui deviendra une pièce maîtresse de réacteur de Rafale, de Boeing ou d’Airbus. L’air chaud est saturé d’une odeur ferreuse et les murs sont noirs de suie, dans ce qui s’apparente à une cathédrale industrielle du début du siècle dernier. Le sol vibre sous les coups assourdissants du marteau-pilon, une autre machine qui façonne le métal chauffé à blanc. Au cœur de cet univers, une poignée d’ouvriers spécialisés après cinq ans de formation, certains protégés par un plastron en Kevlar, conduisent et contrôlent les opérations. Sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Bienvenue dans la forge de l’usine Safran de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), consacrée à la production de moteurs d’avion. Ce site, ses 1 300 employés et ses 1 400 machines, c’est un peu l’usine des origines : à la fois manufacture historique de l’ancienne Snecma et point de départ de la production des nombreuses pièces de base de chaque réacteur final. Le groupe français a tenu à montrer cet équipement industriel stratégique, lundi 13 avril, à une dizaine de médias (dont Le Monde), pour annoncer un investissement majeur : l’acquisition d’une nouvelle presse hydraulique d’une puissance de 30 000 tonnes, qui devrait être mise en service en 2029. Le projet représente un investissement de 150 millions d’euros, et entraînera la création de 130 emplois cette année, et de 100 de plus en 2027.
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Source:
www.lemonde.fr

