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Réduire l’usage des cosmétiques diminue rapidement l’exposition aux perturbateurs endocriniens, selon une étude de l’Inserm

Selon une étude rendue publique mercredi 22 avril par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), réduire l’utilisation des cosmétiques – shampoings, savons ou maquillage – permet de réduire rapidement l’exposition à certains polluants chimiques et perturbateurs endocriniens, comme le bisphénol A.

Pour cette étude publiée le 7 avril dans la revue Environment International, des chercheurs de l’Inserm, de l’université Grenoble-Alpes et du CNRS ont demandé à une centaine d’étudiantes grenobloises âgées de 18 à 30 ans de réduire durant cinq jours le nombre de produits cosmétiques qu’elles utilisaient.

Les étudiantes devaient aussi remplacer leurs produits d’hygiène habituels – tels que le savon ou le dentifrice – par d’autres produits fournis par les chercheurs, sans phénols synthétiques, parabènes, phtalates et éthers de glycol.

Baisse rapide des concentrations urinaires

Les chercheurs ont ensuite comparé les dosages urinaires réalisés avant et après ces cinq jours de restriction. Résultat : près d’un quart d’exposition en moins (− 22 %) pour le phtalate de monoéthyle, issu de composés utilisés notamment pour fixer les parfums, ou encore « − 30 % pour le méthylparabène, un conservateur et possible perturbateur endocrinien, selon les autorités européennes », déclare l’Inserm.

Les scientifiques ont, en outre, observé une baisse de 39 % de la concentration urinaire de bisphénol A (BPA), classé comme perturbateur endocrinien par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Le bisphénol A est soupçonné d’être lié à de multiples troubles et maladies (cancer du sein, infertilité, etc.).

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« Le bisphénol A n’est plus autorisé en France depuis 2005 comme ingrédient dans les produits de soin et cosmétiques en raison de son caractère reprotoxique. Sa présence pourrait être liée à des contaminations survenues au cours du processus de fabrication ou via les matériaux d’emballage », affirme l’Inserm dans un communiqué. Ces résultats « pourraient étayer la mise en œuvre d’une réglementation plus stricte visant la composition des produits de soins (par exemple, les éthers de glycol) ou l’ensemble du processus de production et de conditionnement (bisphénol A) », conclut l’étude.

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Cette dernière paraît alors que le Parlement européen doit se prononcer à la fin d’avril sur un changement de la réglementation européenne en matière de cosmétiques. Ce texte polémique, décrié notamment par l’association de défense des consommateurs UFC-Que choisir – qui dénonce un affaiblissement de la protection des utilisateurs –, doit donner aux industriels plus de temps pour retirer de la vente des produits contenant des substances classées cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction.

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Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr