Provocations, rires, appels à l’aide, coups de colère, propositions renversantes… Il s’est passé des choses atypiques pour une réunion scientifique, entre les 23 et 25 mars, dans la salle Black Box (« boîte noire ») de l’université du Luxembourg. Une cinquantaine de chercheuses et de chercheurs internationaux y étaient réunis pour la deuxième édition d’une conférence au titre énigmatique : « Sciences non faites en informatique » (« Undone Computer Science », en anglais).
Par « non faites », les chercheurs à l’origine de ce concept décrit dans un article de 2009 entendent « les domaines de recherche qui ne bénéficient d’aucun financement, qui restent inachevés ou sont généralement ignorés, mais que les mouvements sociaux ou les organisations de la société civile considèrent souvent comme méritant d’être approfondis ». Ce qu’un des participants, David Monniaux, informaticien du CNRS à Grenoble, reformule : « En fait, ce sont des sujets que l’on aborde à la machine à café, mais que l’on prolonge rarement ensuite. »
Pendant trois jours, une trentaine d’exemples concrets de ces impensés, angles morts ou sujets à contre-courant de l’informatique ont été présentés et discutés. Et l’assemblée était, comme rarement, très transdisciplinaire, mêlant informaticiens et mathématiciens, bien sûr, mais aussi anthropologues, philosophes, sociologues, historiens, spécialistes des sciences de l’information…
Il vous reste 81.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source:
www.lemonde.fr

