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Nouveaux OGM : « Ce n’est pas un produit de laboratoire qui est vendu, mais une plante évaluée, contrôlée dans sa composition et ses qualités agronomiques »

L’Union européenne s’apprête à modifier une part de l’évaluation des plantes génétiquement modifiées d’intérêt agronomique. De quoi s’agit-il ? L’édition génomique vise à la modification génétique ciblée, précise, localisée, d’organismes. Techniquement réalisable depuis l’avènement de la biologie moléculaire à la fin des années 1970, l’édition génomique a pris son essor à la fin du XXe siècle. Dès 1996, trois outils souples d’utilisation ouvraient la voie à l’extraordinaire système Crispr-Cas : des « ciseaux moléculaires » du génome dont la découverte fut publiée fin 2012 et nobélisée en 2020.

En quelques mois, l’outil est validé en recherche pour tous les règnes : animaux, y compris humains, végétaux ou micro-organismes. Depuis, une part importante de la compréhension de la physiologie du vivant et de la caractérisation fonctionnelle des gènes repose sur cette méthode. La facilité de mise en œuvre et la précision obtenue ont ouvert des perspectives thérapeutiques jusque-là inaccessibles. En agronomie, elles bouleversent l’amélioration variétale en facilitant la validation et le transfert de caractères d’intérêt agronomiques, comme la résistance aux maladies, la stabilité des produits ou une composition riche en vitamines. Le passage du laboratoire à la sphère sociétale nécessite une bonne compréhension des techniques et de la biologie des organismes.

L’édition génomique repose sur des outils précis de reconnaissance de la séquence d’ADN que l’on souhaite modifier. Leur ingénierie est longtemps restée complexe. L’apport du système Crispr-Cas vient de ce que la reconnaissance génétique spécifique repose sur une molécule adaptable à façon et aisée à produire : un ARN [acide ribonucléique]. L’objectif est ensuite de changer ou d’ajouter une information génétique voulue, afin d’exprimer le caractère agronomique d’intérêt. Les méthodes de changement et d’introduction des outils de modification dans les cellules de plantes sont diverses, parfois difficiles. Mais c’est la précision de la modification qui a suscité des débats.

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Source:

www.lemonde.fr