Le ministère de l’agriculture craint-il que les futurs ingénieurs agronomes ne « bifurquent » en masse sous l’effet d’un enseignement critique ? En avril 2022, le discours de rupture de diplômés d’AgroParisTech, refusant de « participer aux ravages environnementaux et sociaux en cours » provoqué par le modèle agro-industriel, avait fait grand bruit. Quatre ans plus tard, une grande part des enseignants-chercheurs en sciences humaines et sociales d’écoles publiques d’ingénieurs en agronomie soupçonnent l’autorité de tutelle de vouloir réduire, par peur d’une « fuite des cerveaux », la place accordée à ces disciplines dans la formation des étudiants.
Courant février, ces enseignants ont découvert que, depuis deux ans, le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire enjoignait aux directeurs de leurs établissements de ne plus recruter ni sociologue ni politiste. Selon nos informations, cette directive a été formulée par la direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) – l’une des quatre directions du ministère de l’agriculture – dans les lettres d’objectifs adressées à trois établissements au moins (AgroParisTech, Institut Agro – Dijon, Rennes-Angers et Montpellier –, VetAgro Sup).
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Source:
www.lemonde.fr

