« C’est un silence des autorités, c’est un silence du gouvernement », a déploré samedi 4 avril sur France Inter la journaliste Nassira El Moaddem. Autrice d’un livre-enquête sur Le Blanc-Mesnil, elle a déposé plainte le 24 mars contre le sénateur et ex-maire (Les Républicains – LR) du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) Thierry Meignen, pour menaces de mort, à la suite de propos tenus par celui-ci auprès du Monde.
« Je vais la faire condamner pour diffamation. Je vais la fouetter. J’irai au bout, elle va mourir, je la tue », avait notamment déclaré le sénateur à l’encontre de la journaliste, deux jours avant le second tour des municipales, où il s’est incliné contre le candidat divers gauche, Demba Traoré (51,49 % pour ce dernier, contre 48,51 %).
« Je ne comprends pas pour quelle raison, dans ce pays, les autorités ne s’indignent pas lorsqu’une journaliste est menacée de mort, uniquement pour avoir fait son travail de journaliste », a déploré samedi Nassira El Moaddem.
« Toujours choquée », la journaliste, qui a déposé plainte, avec son éditeur, dès le lendemain de la parution de l’article, souligne que « personne n’a pris la parole », pas même le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher, qui a saisi le président du comité de déontologie du Sénat.
Dans son livre-enquête « Main basse sur la ville », publié au cours du mois dernier chez Stock, la journaliste retrace les deux mandats de Thierry Meignen, qui avait ravi en 2014 ce bastion longtemps tenu par les communistes.
Elle y dénonce des pratiques douteuses, notamment pour l’attribution des marchés publics, la chasse aux sorcières visant l’ancienne équipe, ou encore le copinage avec l’extrême droite.
Source:
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