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Mali : des groupes armés ont pris le contrôle du camp stratégique de Tessalit, dans le nord du pays

Le camp stratégique de Tessalit, situé dans le nord du Mali, est désormais sous contrôle des groupes rebelles armés, après leurs séries d’attaques le week-end dernier contre la junte militaire au pouvoir, ont déclaré, vendredi 1er mai, à l’Agence France-Presse (AFP) des sources locale, sécuritaire et indépendantiste.

Le Mali fait face à une situation sécuritaire critique et est en proie à l’incertitude après les attaques sans précédent des djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et de musulmans (GSIM), affiliée à Al-Qaida, et le Front de libération de l’Azawad (FLA) – une rébellion à dominante touareg –, contre des positions stratégiques de la junte.

Vendredi, les groupes armés se sont emparés du stratégique camp de Tessalit, situé près de la frontière avec l’Algérie. L’armée malienne et ses alliés russes « ont abandonné leurs positions de Tessalit ce vendredi matin », a déclaré à l’AFP un élu local. Selon une source sécuritaire à l’AFP, ces derniers avaient déjà « évacué » le camp avant l’arrivée des groupes armés. « Aucun combat n’a eu lieu ». Ils ont fait « reddition », a rapporté un responsable des rebelles.

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Tessalit représente un camp stratégique de par sa position géographique, en plus de compter une grande piste d’atterrissage capable d’accueillir des hélicoptères et de gros avions militaires. Le camp accueillait également un nombre significatif de militaires maliens et de leurs alliés russes ainsi que du matériel militaire. « Tessalit est la plus ancienne base construite par le colonisateur [français]. C’est la base la plus avancée, qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur tout le Sahara », selon un officier à l’AFP.

La ville clef de Kidal contrôlée par les groupes armés

Sa prise intervient quelques jours après le contrôle de la ville clef de Kidal par les groupes armés qui continuent de progresser dans le Nord. Selon des sources locale et indépendantiste, ils ont aussi pris possession du camp Aguelhok, situé à 100 km de Kidal.

Jeudi, les djihadistes du GSIM ont appelé à un large « front commun » pour « mettre fin à la junte », au pouvoir depuis 2020, en vue d’« une transition pacifique et inclusive ». Les djihadistes ont parallèlement instauré un blocus routier sur Bamako, la capitale.

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Un peu plus tôt le même jour, un hommage national a été rendu au ministre de la défense, Sadio Camara, tué à Kati, fief de la junte, dans ces attaques qui ont fait au moins 23 morts. Le général Camara, 47 ans, était une figure clé de la junte malienne et considéré comme l’architecte du rapprochement de ces dernières années avec la Russie.

Sa mort est un coup dur pour la junte, plus que jamais affaiblie et qui se retrouve dans une situation très difficile. Cette mort, les attaques d’ampleur et la perte de Kidal jettent également le doute sur les capacités de la junte à faire face aux menaces des groupes armés et mettent à mal sa rhétorique, qui affirmait jusqu’ici que sa stratégie de rupture, ses nouveaux partenariats avec l’étranger et son effort militaire accru avaient permis d’inverser la tendance face aux combattants islamistes.

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Mardi, le chef de la junte, Assimi Goïta, a affirmé que la situation était désormais « maîtrisée », tout en reconnaissant un moment d’une « extrême gravité ». « La situation est loin d’être sous contrôle », a rétorqué, mercredi, le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, dans un entretien avec l’AFP, affirmant que le régime militaire « va tomber, tôt ou tard ».

Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr