Au Liban, nouvelle journée sanglante mercredi 29 avril : au moins cinq personnes, dont un soldat de l’armée libanaise, ont été tuées dans des frappes israéliennes dans le Sud, en dépit d’une trêve. L’armée israélienne dit viser des membres du Hezbollah, mais des civils sont tués, selon Beyrouth. Le Hezbollah, pour sa part, continue de revendiquer des attaques contre des soldats israéliens. Plus d’un million de Libanais restent déplacés en raison d’une guerre qui ne dit pas son nom.
Publié le : 29/04/2026 – 23:29
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Avec notre envoyée spéciale à Saïda, Laure Stephan
Dans une école de Saïda, plus de cent familles sont accueillies. Le même nombre qu’au plus fort de la guerre. Ghadir Chit a essayé à deux reprises de rentrer chez elle, dans le village de Toul, situé dans la région de Nabatiyeh. Deux essais, et deux retours impossibles.
« La première fois, les gens ont eu peur : il y avait des drones et des avions de chasse très forts dans le ciel », explique Ghadir Chit. « La seconde fois, des villages voisins ont été menacés de bombardement. Donc, nous sommes partis. De plus, il y a très peu d’habitants sur place, c’est impossible de rester dans ces conditions, on ne sait pas quand ils bombardent des civils ou des non-civils. »
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« On ne peut pas se réinstaller de manière stable »
La région de Nabatiyeh a été plusieurs fois visée au cours des derniers jours. Celle de Tyr aussi, dont Doua est originaire. Son village, Qlayla, n’est pourtant pas dans la zone tampon dont l’armée israélienne interdit l’entrée aux Libanais.
« La situation ressemble à celle des villages frontaliers. On ne peut pas se réinstaller de manière stable. On attend », résume Doua. « Il y a beaucoup de destructions, il n’y a pas d’eau, pas d’électricité. Chaque jour, les forces israéliennes bombardent dans le Sud : des maisons, des gens. Il n’y a pas de sécurité. Il devait y avoir une trêve : il y a des bombardements. »
Sur le mur à l’entrée, la photo de deux combattants du Hezbollah tués. Chargée de valises, une femme et sa famille reviennent à l’école. Eux aussi espéraient rentrer chez eux dans le Sud, en dehors de la « zone tampon ». Mais la guerre est toujours là.
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Source:
www.rfi.fr

