Annonce publicitairespot_img
AccueilLifestyleL'UE rallonge les délais pour le retrait des substances cancérogènes des produits...

L'UE rallonge les délais pour le retrait des substances cancérogènes des produits cosmétiques par les industriels

Au sein de l’Union européenne, les industriels du secteur cosmétiques avaient jusqu’à un an et demi pour retirer de leurs produits les composants qualifiés de cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR). Mercredi 29 avril, le Parlement européen a voté en faveur du prolongement de ces délais, allant désormais jusqu’à 6 ans. Une décision intolérable pour les associations de consommateurs.

Publié le : 30/04/2026 – 09:52Modifié le : 30/04/2026 – 09:53


2 min Temps de lecture

On pourrait les retrouver dans les parfums, crèmes pour visage ou autres produits cosmétiques vendus en Europe. Ce sont les substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, plus communément appelées CMR. Ces substances se retrouvent dans de nombreux flacons, tubes, et autres sprays utilisés au quotidien.

La réglementation concernant leur retrait des produits par les industriels lors de leur détection a été largement assouplie. Auparavant, l’UE obligeait les fabricants à modifier les compositions sous un an et demi contre six ans désormais. Cet allègement des contraintes, voté très largement par le Parlement européen (640 pour, 60 contre, 45 abstentions), fait bondir les associations de consommateurs. 

C’est le cas de Générations Futures, qui œuvre pour la protection de l’environnement et de la santé. « C’est un recul inacceptable, s’exclame son porte-parole, François Veillerette, au micro de RFI. Ce sont des intérêts commerciaux et industriels qui sont passés avant la protection sanitaire de la population. » 

À lire aussiL’Union européenne donne un premier feu vert au prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine

Les industriels évoquent un règlement trop rigide

Le projet d’assouplissement de la régulation des produits chimiques s’insère dans une série de mesures adoptées par l’UE ces derniers mois pour « simplifier » la vie des entreprises. Les industriels s’inquiétaient de la classification potentielle CMR de certaines substances, comme le paracymène ou l’acétophénone, utilisées notamment en parfumerie. Ils critiquaient également des difficultés à obtenir des dérogations. Le texte allonge les délais et leur accorde environ deux ans et demi pour retirer de la vente des produits contenant des substances CMR. Un délai supplémentaire pourrait être accordé par dérogation, jusqu’à plus de 6 ans dans certains cas.

Selon la Fédération des entreprises de beauté (FEBEA), le prolongement de ces délais était nécessaire pour reformuler efficacement les produits et évaluer des alternatives robustes. Pas de quoi convaincre Générations futures : « J’ai passé l’âge de croire au Père Noël, ironise François Veillerette. Quand une substance est classée cancérogène ou mutagène, il y a déjà eu quatre ans de procédure avant. Est ce qu’on a besoin de six ans de plus pour le retirer du marché ? Je crois que non. »

Selon le porte-parole, les industriels n’ont qu’un but, profiter de ces délais pour encore s’enrichir sur la santé des Européens et « essayer de passer pour les bons acteurs, ceux qui vont accroître la sécurité. C’est d’un cynisme absolu. Les années gagnées à déroger à l’interdiction, ce sont des années gagnées à faire de l’argent avec des substances dangereuses. » 

À lire aussiManon Aubry : «L’UE est en train de disparaître de l’histoire du monde»


Source:

www.rfi.fr